Ruralité: « Nos villes vont devenir invivables »

Publié le par Jean-Louis Schmitt

Photo : JLS

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« Les Français rêvent tous de revivre à la campagne qu’ils ont aimée dans leur enfance ou pendant leurs vacances et pourtant, ils sont de plus en nombreux dans les métropoles standardisées, polluées, surencombrées »… L’écrivain Christian Signol, l’un des auteurs français les plus traduits au monde depuis « La rivière espérance » (1990), raconte avec son dernier livre « Dans la paix des saisons » (Albin Michel) les bonheurs et les souffrances de la France rurale. Ces territoires que sociologues et géographes baptisent périphériques et dépeignent par les chiffres et les cartes comme les grands oubliés de la mondialisation.

Ces commerces qui ferment

Le héros du livre de Christian Signol, Mathieu, un Parisien rescapé d’une maladie gravissime contractée à 40 ans, décide de reprendre racine dans le pays du Quercy (Lot) où il a vécu jusqu’à l’âge de 12 ans chez ses grands-parents.

Il les aide à relever les murs des maisons et des granges abandonnées : « Mathieu croit que le balancier de l’histoire ramènera tout le monde à la campagne parce que les villes vont devenir invivables. Ils croient que les volets clos que l’on voit souvent dans les villages de France se rouvriront » explique Christian Signol ardent défenseur du service public de proximité, du café du coin, du boulanger ambulant et du petit commerçant : « On voit les commerces de proximité se recréer dans les centres des grandes villes et disparaître dans les communes et même les gros bourgs, les petites villes. Nos villages, nos paysages sont beaux. Beaucoup ont accompli des efforts pour rénover leur patrimoine. La qualité de vie y est prisée même par les étrangers. Ces pays de France ont besoin de solidarité pour les aider à entrer dans la marche du siècle sans qu’ils renient ce qui fait leur art de vivre », plaide l’écrivain qui a voulu mettre en scène des personnages que la marche de ce siècle rejette.

« Le héros retrouve un monde rural tel qu’il l’avait laissé, généreux, solidaire, plein d’humanité, et courage pour vivre dans ce monde délaissé et le faire vivre ». Le maréchal-ferrant forge toujours des fers même si les chevaux se font rares, la marchande de pain passe même si l’essence coûte cher. Christian Signol veut tracer un chemin d’avenir.

Il résume ainsi la pensée de son héros : « Quand la ville sera vraiment devenue insupportable, les gens, par raison, reviendront dans des lieux plus paisibles ».

DNA-11/12/2016

 Christian Signol défend la France rurale. Photo AFP

Christian Signol défend la France rurale. Photo AFP

"Dans la paix des saisons" par Christian Signol

Surmonter les séquelles d’une grave maladie, changer le cap de sa vie… A sa sortie de l’hôpital, Mathieu n’a qu’une idée en tête : quitter Paris, se réfugier dans le Quercy auprès de ses grands-parents qui l’ont élevé jusqu’à l’âge de douze ans.
 

Rien n’a changé dans la petite maison à deux pas de la rivière où Paul et Louise luttent, chacun à sa façon, contre la marche d’un siècle qui les rejette. Le vieux maréchal-ferrant continue de forger des fers que personne n’achètera. L’ancienne sage-femme, qui a dû renoncer à exercer, s’est plongée dans la médecine des plantes.

Porté par leur humanité généreuse, leur énergie farouche, leur obstination à être heureux malgré tout, Mathieu retrouve petit à petit la force, le courage et l’apaisement qu’il était venu chercher au pays de son enfance. L’amour et la sagesse de ces êtres qui lui sont chers vont lui permettre d’entrevoir la promesse d’une existence différente, plus féconde, d’un bonheur qu’il croyait à jamais perdu.
 
Avec ce beau livre, véritable hymne à la vie, Christian Signol s’affirme une fois encore comme un des grands romanciers de la consolation. Chez lui, l’espoir, le combat, et la victoire sur le destin qu’ils autorisent, sont toujours magnifiés par la splendeur du monde.

 

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