« Politiser la question animale... » par Corine Pelluchon

Publié le par Jean-Louis Schmitt

Extrait du Colloque : «Le Bien-être animal, un enjeu de justice et de paix» qui s’est tenu à Strasbourg (22 octobre 2016)

 

Philosophe, spécialiste de philosophie politique et d’éthique appliquée, Corine Pelluchon procède à une remise en cause de notre relation à l’autre non-humain, impliquant une évolution du politique et des droits. Elle s’appuie sur deux de ses ouvrages :
- Eléments pour une Ethique de la Vulnérabilité. Les Hommes, les Animaux, la Nature, Le Cerf - 2011,
- Les Nourritures. Philosophie du Corps Politique, Le Seuil - 2015.



Le bien-être animal, un enjeu de justice et de paix
Les animaux sont des êtres vivants possédant sensibilité, émotions, intelligence, liens sociaux. La frontière avec notre espèce est en train de se fissurer de toutes parts.
Des hommes ont maintes fois, dans l'histoire, tracé envers d'autres hommes la frontière arbitraire qu'ils avaient appris à construire avec les animaux. Or les hommes reçoivent la violence qu'ils ont donnée et connaissent en retour la souffrance, ou construisent un blindage contre la compassion, la pensée libre et le sens éthique.

 

Contre la folie guerrière des hommes et la dévastation de la planète, s’élève le respect de toute vie, à commencer par l’amour de soi et de ses semblables. Le noyau lumineux des religions, les réflexions philosophiques et les connaissances scientifiques éclairent le chemin. Les églises chrétiennes peuvent devenir acteurs du bien-être animal. Le droit et la politique doivent intégrer que l’animal est sentient.
Le défi de notre système de gouvernance est de dompter les forces économiques qui font obstacle à la bienveillance, à la responsabilité, à la compassion. Elus et candidats doivent se positionner.

 

Dans le domaine des productions animales règne le verrouillage socio-technique. Nous appelons les professionnels, qu’ils soient agriculteurs, ouvriers, techniciens, vétérinaires, chercheurs, fonctionnaires, directeurs, artisans, industriels, commerçants, élus ou préfets :
- à sortir de la soumission au diktat économique
- à sortir de la langue de bois, du fatalisme, de la violence qui imposent aux animaux des privations et des performances extrêmes dans le déni de leurs besoins et de leur nature, et trop souvent la brutalité,
- et à se mettre autour d’une table pour organiser la viabilité économique de la grande transition du « Moins mais Mieux », afin de réduire la quantité de protéines animales et viser l’excellence des conditions d’élevage et autres pratiques.

Vidéo : Corine PELLUCHON - Politiser la question animale... (52 :39) :

 

Publié dans Portrait, Animaux

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dominique 04/12/2016 18:28

On peut se réjouir, les animaux, êtres sensibles nous nous le savons depuis toujours, trouvent des porte-paroles de plus en plus nombreux et souvent très compétents
Je diffuse largement si vous le permettez

Jean-Louis 04/12/2016 18:33

Avec joie !!!