Périple à vélo en Amérique du Sud

Publié le par Jean-Louis Schmitt

Inspiré par l’équipe Solidream, trois Français partis à vélo autour du monde, Tom Motzko a choisi l’Amérique du Sud pour y effectuer un périple à vélo. Faute de coéquipiers, Tom Motzko est parti seul pour parcourir 4 800 km à travers l’Argentine, la Bolivie et le Chili.

 Le volcan Licancabur, culminant à 5 960 m, que Tom Motzko a escaladé, seul au monde. DR

Le volcan Licancabur, culminant à 5 960 m, que Tom Motzko a escaladé, seul au monde. DR

Tom Motzko habite Schwartzbach. Il est ancien élève de la section sportive APPN du collège de Schirmeck. Tout juste le bac S en poche après des études au lycée de montagne de Moutiers, dans les Alpes, où il a beaucoup pratiqué le ski de rando, l’alpinisme et l’escalade, il devient réserviste au bataillon de Chasseurs Alpins de Chambéry (13°BCA).

Premier col à vélo à 4 000 m

Tom Motzko raconte : « C’est sur une piste difficile que je franchis mon premier col, à 4 000 m, à vélo, puis atteins San Pedro de Atacama. Je m’y repose bien pendant trois jours, car la suite s’annonce encore plus rude, comme me l’ont annoncé certains cyclistes rencontrés en chemin. »

En effet, après 2 000 m de dénivelé, il pénètre en Bolivie où l’attendent plus de 500 km de pistes éprouvantes. « Je pédale souvent avec un très fort vent de face. Je dois parfois pousser mon vélo dans le sable et fournir de gros efforts à haute altitude, entre 3 500 m et 5 000 m ! » En chemin, Tom Motzko en profite pour gravir à pied la longue pente du Volcan Licancabur culminant à 5 960 m d’où il admire, « seul et comme euphorique, le magnifique panorama sur la Laguna Verde et les sommets alentours ».

Un autre moment fort de son voyage est la traversée du Salar d’Uyuni, qui est le plus grand désert de sel au monde, situé à 3 600 m d’altitude. « Au nord, comme une île au milieu de la banquise, surgit une petite colline hérissée de cactus, d’où je contemple à 360° le spectacle époustouflant de cette immense étendue toute blanche bordée au loin par les montagnes et des volcans. Pédaler et bivouaquer en plein milieu d’un tel décor est vraiment une expérience magique ! »

Au bout de plusieurs jours de désert et de solitude, Tom Motzko débarque à Oruro, « ma première grande ville bolivienne, puis à Cochabamba. C’est là que je passe 15 jours à me "reposer" en faisant du woofing dans une famille germano-bolivienne. C’est-à-dire qu’en échange d’un toit et des repas, j’effectue cinq heures de travaux divers par jour (jardinage, bois, bricolage…), le reste de la journée étant libre ».

Terres de contrastes

Après ce break et pour changer un peu de style de paysages, Tom Motzko décide de descendre à Santa Cruz puis Trinidad, dans la partie amazonienne. « Que de contrastes ! Je passe de 5 000 m à 150 m d’altitude, de - 10 °C à une chaleur de 40 °C humide et étouffante, du désert aux champs et à la forêt. Plus de lamas ni de flamants roses, mais je vois des singes et un toucan, ainsi qu’une mygale et des crocodiles (écrasés !). »

Ensuite, Tom Motzko rejoint en bus le fameux lac Titicaca à 3 600 m, puis la capitale bolivienne.

« De là, pour retourner au Chili, je pédale sur la magnifique route qui longe les volcans enneigés du Sajama et du Parinacota à plus de 6 000 m, aux pieds desquels je fais des bivouacs absolument inoubliables. Depuis un dernier col à 4 600 m, j’atteins enfin Arica, la ville la plus au nord du Chili au bord de l’Océan Pacifique où je prends mon premier bain de mer et fête mes 4 000 km. »

Nous reviendrons dans une prochaine édition sur la fin du voyage de Tom Motzko ainsi que sur ses impressions et analyses qu’il retire de son périple.

DNA-20/12/2016

Publié dans Insolite

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