Les Jardins de Gaïa, de conviction et de goût

Publié le par Jean-Louis Schmitt

Ambassadeurs du bio, du commerce équitable et engagé, les Jardins de Gaïa, créés et installés à Wittisheim depuis 1994, développent une large gamme de thés et tisanes autour d’une priorité : le goût.

Arlette Rohmer, fondatrice des Jardins de Gaïa, ici en visite dans des jardins de thé japonais. (DR)

Arlette Rohmer, fondatrice des Jardins de Gaïa, ici en visite dans des jardins de thé japonais. (DR)

L’histoire a commencé dans une cuisine de Wittisheim, près de Sélestat. C’est là qu’Arlette Rohmer, fondatrice des Jardins de Gaïa, a élaboré ses toutes premières recettes. Elle souhaitait proposer des thés bios et équitables, mais bons avant tout. Alors impliquée dans le bio, connaisseuse des plantes, aimant voyager, l’Alsacienne s’était décidée en goûtant les thés fins du Darjeeling, en Inde.

Toujours installée dans le même village, l’entreprise ne compte aujourd’hui pas loin de 80 employés et affiche plus de 500 références de thés, rooibos et tisanes bios. Un catalogue complété depuis 2011 par les épices Terra Madre, dont les Jardins de Gaïa sont les distributeurs exclusifs, avec 150 sortes d’épices, poivres, aromates, mélanges salés ou sucrés et boissons issus de l’agriculture biologique.

Côté thé, la matière première est bien sûr importée – on n’a pas encore vu la célèbre plante pousser en Alsace ! – depuis la Chine, le Japon, l’Inde, le Sri Lanka, l’Afrique du Sud (pour le rooibos), le Népal ou encore la Corée du Sud. Acheminées selon les saisons et par bateau jusqu’à Strasbourg pour minimiser l’empreinte carbone – sauf les primeurs du Darjeeling transportées par avion pour assurer leur fraîcheur –, les feuilles de thé sont ensuite conditionnées à la main dans les ateliers de Wittisheim. Voire aromatisés (dans 60 % des cas) selon des recettes « made in Alsace » qui, aujourd’hui encore, sont imaginées grâce au feeling et au savoir-faire d’Arlette Rohmer et de son équipe.

Fleurs, épices, fruits, huiles essentielles ou arômes naturels bios sont ajoutés avec soin en suivant le principe qu’« un arôme n’a pas pour but de couvrir la saveur du thé, mais au contraire de l’accompagner ». Cette recherche de qualité a d’ailleurs été primée à plusieurs reprises (Great Taste Awards, Club des buveurs de thés, Meilleur produit bio de l’année, etc.). Des établissements prestigieux ont été convaincus : on retrouve les produits des Jardins de Gaïa dans le monde entier entre restaurants, bistrots branchés, magasins spécialisés ou épiceries fines. Et chez des étoilés, comme Jean-Georges Klein à la Villa Lalique de Wingen-sur-Moder ou Nicolas Stamm à la Fourchette des Ducs d’Obernai.

Pour les Jardins de Gaïa, il s’agit également de redonner au thé ses lettres de noblesses. D’où la création de la Maison de thé, dans laquelle on enseigne notamment l’art de la dégustation chinoise ou la cérémonie du thé japonaise avec des maîtres de thé. On y propose aussi des « contes autour de la théière » et autres événements pour petits et grands.

Depuis cette année, leurs thés et tisanes sont classés en trois gammes distinctes : les grands classiques, les prémiums ainsi que les rares & précieux. On y trouve, pêle-mêle, des thés nature exceptionnels (Darjeeling, Pu’er, Matcha, Sencha, Kukicha sud-coréen, etc.), des thés parfumés « classiques » (Earl Grey, goût russe, thé vert à la menthe…) et des créations maison comme Jolie maman, à la fraise, au lotus et au litchi ; Premiers flocons , un thé wu long bio framboise, cacao et cannelle, ou encore le subtil Avec les anges , thé blanc à la vanille et aux pétales de fleurs. Rooibos, tisanes de plantes et de fruits, simples ou composées, ne manquent pas à l’appel parmi les nombreuses références en vrac, en tube ou en infusette.

Sur le terrain, Arlette Rohmer entretient des relations durables avec les producteurs avec lesquels elle travaille – certains depuis les débuts il y a presque 20 ans. De modestes adresses se sont développées çà et là dans le sillage des Jardins de Gaïa, qui a toujours payé le thé plus cher, au-delà des critères imposés. Des coopératives ont vu le jour. Des parcelles ont été converties en bio, voire en biodynamie, avec le souci d’améliorer continuellement le goût et la finesse du thé.

Compensation de l’empreinte carbone, certification en 2016 par le World Fair Trade Organisation (WFTO), financement de certaines installations chez les producteurs en Inde ou ailleurs, gamme de 18 « thés & rooibos militants » créés pour soutenir financièrement et défendre des associations coup de cœur (les Amis de Solan, la LPO, Terre des Liens, les Amis de la biodynamie ou encore la Maison de la nature du Ried et du centre Alsace), emballages écologiques, brunch équitable au début du mois de mai coïncidant avec la récolte des primeurs du Darjeeling : toutes les actions des Jardins de Gaïa sont entreprises avec cohérence dans une démarche durable, équitable et qualitative. À défendre. Sans trop de difficulté, car les goûter c’est les adopter.

Les Jardins de Gaïa, 6 rue de l’Écluse, 67820 Wittisheim. 03 90 56 20 22 (Maison de thé) ou 03 90 56 20 20 (boutique). Points de vente dans toute l’Alsace. Renseignements sur www.jardinsdegaia.com

DNA-Sophie Dungler (03/12/2016)

La maison compte quelque 500 références de thés, tisanes, rooibos, etc., natures ou aromatisés. (DR)

La maison compte quelque 500 références de thés, tisanes, rooibos, etc., natures ou aromatisés. (DR)

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