Ils ont sauvé de la mort plus de 2 600 animaux

Publié le par Jean-Louis Schmitt

Veaux, vaches, cochons, et même volailles, chevaux, moutons… Dans leur refuge de 30 hectares, deux Vendéens offrent une retraite à des bêtes menacées par la négligence, la cruauté ou l’abattoir. Des histoires poignantes. Vous pouvez les aider. Voici comment.

Christine Siegler et son mari Jacques s’emploient chaque jour à répondre à cette question : « Pourquoi un animal devrait-il être condamné dès sa naissance et ne pas pouvoir vivre sa vie entière ? Photo : Franck Dubray/Ouest-France

Christine Siegler et son mari Jacques s’emploient chaque jour à répondre à cette question : « Pourquoi un animal devrait-il être condamné dès sa naissance et ne pas pouvoir vivre sa vie entière ? Photo : Franck Dubray/Ouest-France

On a retrouvé l’Arche de Noé. C’est du moins l’impression qui saisit le visiteur aux abords de la « Ferme des animaux sauvés de la mort » (FASM). Un havre de repos de 30 hectares, rien que pour eux, niché dans la campagne de Sainte-Cécile, au cœur de la Vendée.

 

« Leur offrir une retraite »

 

C’est là que Christine Siegler et son mari Jacques s’emploient chaque jour à répondre à cette question : « Pourquoi un animal devrait-il être condamné dès sa naissance et ne pas pouvoir vivre sa vie entière ? C’est injuste. » Ce couple d’amoureux des bêtes est installé là depuis 22 ans. Mais l’association a vu le jour dès décembre 1990 et s’enracine dans l’histoire familiale de Christine, originaire de la région parisienne.

 

« Nous étions quatre sœurs, végétariennes. Chez moi, on a toujours sauvé des animaux, des pigeons, des chats, des chiens », raconte la présidente, sous la tonnelle adjacente à la maison, couvant du regard deux de ses pensionnaires. Lena, le lévrier galgo volontairement brûlé comme tant d’autres en Espagne ; et Erika, le chihuahua rescapé d’un élevage : « Nous avons voulu leur offrir une retraite… »

 

Mais les canidés restent minoritaires, dans ce refuge affilié à la SPA, où l’on trouve surtout des animaux de la ferme ou dits « de boucherie ». À quelques mètres, les bâtiments et leurs abords accueillent ici ânes, brebis, chèvres… Là vaches, oies, chevaux… Leur point commun : avoir été abandonnés, blessés, voire maltraités.

 

Chacun a son histoire. Celle de Dino, le poulain breton de Carquefou, près de Nantes, soulève le cœur. « Le propriétaire lui avait mis un licol lorsqu’il était petit et ne lui avait jamais enlevé. À un an, il lui rentrait profondément dans les chairs, les boucles étaient incrustées sous les yeux, gonflés par l’infection. » Son martyr a pris fin quand la SPA locale a contacté l’association. Le propriétaire, lui, n’a jamais été poursuivi.

70 000 € par an

 

Il y eut aussi le veau Scotty, Paul le cheval ardennais, Stéphane le cochon, Stéphanie la chèvre, Sissi le mouton, les tout premiers rescapés, en 1991. Certains ont été signalés par de bonnes âmes, récupérés auprès de marchands de bestiaux. D’autres soustraits à la cruauté voire, tout simplement, à l’abattoir, à l’issue d’une première et brève « carrière professionnelle ».

 

Christine Siegler évoque ainsi cet élevage de 70 000 cailles : « Elles étaient 100 au mètre carré et arrivaient à 30 jours. On a réussi à en sauver quelques-unes. » Comme ces lapins réformés d’élevage sur grillage, ou ces poules rousses sauvées in extremis de batteries où elles avaient été entassées pendant un an sans voir le soleil.

Le nombre d’animaux sauvés de la mort depuis la création de l’association : 477 chevaux, ânes, poneys, mulets, 557 chèvres et boucs, 246 moutons, 1 064 volailles, 39 cochons, 35 vaches et bœufs, 92 lapins, 63 chats, 33 chiens, 29 cochons d’Inde. Photo : Franck Dubray/Ouest-France

Le nombre d’animaux sauvés de la mort depuis la création de l’association : 477 chevaux, ânes, poneys, mulets, 557 chèvres et boucs, 246 moutons, 1 064 volailles, 39 cochons, 35 vaches et bœufs, 92 lapins, 63 chats, 33 chiens, 29 cochons d’Inde. Photo : Franck Dubray/Ouest-France

Le prix de leur survie ? Les efforts quotidiens de Jacques (salarié par ailleurs) et de Christine, pour les nourrir, les soigner, les ferrer le cas échéant. Un budget d’environ « 70 000 € par an, dont 15 000 € de frais de vétérinaire et autant pour la nourriture ».

 

Comment les aider ?

 

Pour faire face aux importantes dépenses de fonctionnement, l’association bénéficie, hors de l’adhésion de ses membres et de la vente de son bulletin interne, de plusieurs soutiens. D’abord ceux des fondations 30 Millions d’amis, fondation Brigitte Bardot et de l’association One voice. Mais aussi de la générosité des amis des animaux.

 

Ceux-ci peuvent se manifester d’au moins deux manières. Soit en parrainant un animal de la ferme, un cochon par exemple, en versant mensuellement le prix de sa « pension ». Soit en adoptant l’un d’eux. Plus exactement, ce sont des familles d’accueil que recherche l’association, notamment pour les chevaux. Certains sont « montables ».

 

Ainsi, une famille peut recueillir une jument pour une participation aux frais de 470 €, une seule fois. Pour un mouton, c’est 30 €, une vache 270 €, etc. En revanche, l’association reste propriétaire de l’animal, ce qui interdit sa revente et sa reproduction. « C’est un placement durable que nous recherchons pour eux. Si les personnes ne peuvent plus garder un animal, pour cause de divorce, maladie ou autres, elles doivent le rapporter. »

Des contrôleurs bénévoles s’assurent que toutes les conditions sont bien remplies. L’animal « ne doit pas vivre seul, il ne doit pas vivre enfermé, il lui faut assez d’espace pour gambader. Il aura besoin de beaucoup d’amour, d’attention et de patience, et certains ont un passé difficile qu’il leur faudra aider à oublier ».

 

L’Edition du Soir-Jean Delavaud (16 décembre 2016)

Publié dans Animaux

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Michele Enault 21/12/2016 06:09

Super ! Merci pour eux !