Grippe aviaire : un collectif pour faire front en Sologne

Publié le par Jean-Louis Schmitt

Éleveurs, organisateurs de chasse ou restaurateurs, ils ont décidé de se fédérer pour lutter contre la “crise majeure que représente le virus H5N8.

La salle de l'Ecoparc était comble.

La salle de l'Ecoparc était comble.

Nous, organisateurs de chasse, nous n'arriverons bientôt plus à payer nos salariés. Chaque jour sans chasser nous rapproche de la catastrophe. Et les acteurs de chasses commerciales et les éleveurs de petits gibiers, ne sont pas les seuls concernés, enchaîne immédiatement David Rémy, directeur de chasse à Saint-Viâtre et porte-parole du tout nouveau collectif de la filière chasse en Sologne qui a été créé jeudi soir à Neung-sur-Beuvron.

Baisser l'alerte ou indemniser les éleveurs

C'est là-bas dans le château de Villemorant, à l'Ecoparc, que plus de 70 personnes, éleveurs de gibier, agriculteurs, mais aussi commerçants, artisans et élus du territoire, ont décidé de se fédérer pour interpeller le gouvernement sur la situation de la Sologne depuis l'arrêté ministériel du 19 novembre venu placer la Sologne (80 communes dans le Loir-et-Cher sont concernées) parmi les zones à risques face à la menace de grippe aviaire

« C'est toute l'économie solognote qui est en grande difficulté. Il faut réagir vite », ont insisté Guillaume Peltier, maire de la commune de Neung et le député Patrice Martin-Lalande, à l'origine d'un courrier au ministre de l'Agriculture, Stéphane Le Foll pour lui demander de faire repasser la Sologne du niveau « élevé » à celui de « risque modéré », samedi dernier. Le cas échéant, prévient Guillaume Peltier, « si la situation sanitaire est vraiment grave, il faut indemniser les éleveurs à la hauteur du préjudice subi et à la mesure de la gravité de la situation ». 

Dans la salle de réunion, Blandine Terrier, qui représente entre autres la chambre d'agriculture et Gilles Pajon, pour la Fédération de chasse de Loir-et-Cher, soulignent leur détermination à agir de concert. De même que plusieurs artisans de l'économie locale, qui restaurateur à Saint-Viâtre, qui armurier à Salbris, ou encore boucher, eux aussi partie prenante du collectif. « Cette semaine, j'ai perdu 16.000 euros », lâche un organisateur de chasse.

Avec 22 éleveurs de petit gibier (pour 189.000 oiseaux), c'est « plus de 60 emplois directs qui sont concernés sur le département, hors saisonniers », avance Thomas Delépine, éleveur à Neung-sur-Beuvron. « Un week-end de non-chasse c'est 300.000 euros rien que pour les éleveurs de gibiers. » 

Constitué d'une dizaine de membres, le bureau du Collectif de la filière chasse en Sologne prévoit de se réunir tous les quinze jours. Dans un contexte « où la situation peut évoluer d'heure en heure », souligne Blandine Terrier, référence aux cas de H5N8 qui ont été pour la première fois identifiés en France, dans le Sud-Ouest, au cours des dernières heures.

La Nouvelle République-Laurence Texier (3 décembre 2016)

Grippe aviaire et crise de foie gras

La grippe aviaire est de retour. Des cas ont été confirmés dans le Tarn, le Gers et les Hautes-Pyrénées. Une mauvaise nouvelle pour la filière volailles et foie gras, à quelques jours des fêtes de fin d’année.

L’exploitation d’Almayrac (Tarn) où a été détecté un foyer de grippe aviaire H5N8. Photo : AFP

L’exploitation d’Almayrac (Tarn) où a été détecté un foyer de grippe aviaire H5N8. Photo : AFP

L’inquiétude grandit dans les élevages de volailles. Hier, un nouveau foyer de grippe aviaire a été détecté dans le Tarn, chez un éleveur de canards de la commune d’Almayrac. Il s’agit de la souche H5N8, hautement contagieuse et mortelle pour les animaux, mais « inoffensive pour l’homme », insiste le ministère de l’Agriculture. Le virus semble se propager rapidement, d’autres cas ayant déjà été confirmés dans les Hautes-Pyrénées et le Gers, certains étant également suspectés dans le Lot-et-Garonne.

Comment expliquer la résurgence du virus ?

Les oiseaux migrateurs sont en cause. Plusieurs cas de grippe aviaire avaient déjà été signalés en Europe ces dernières semaines, notamment en Suisse, en Allemagne, mais aussi en Suède, aux Pays-Bas, etc. Or, on est en pleine période de migration hivernale, et du fait du froid, les oiseaux d’Europe du Nord et de l’Est viennent trouver refuge à l’Ouest. « La situation est très différente de celle de l’année dernière, explique Marie-Pierre Pé, directrice et porte-parole du Cifog (le comité interprofessionnel des palmipèdes à foie gras). Lors de la crise de fin 2015 en effet, le virus n’était pas véhiculé par des oiseaux sauvages, la maladie était endémique. »

Quelles sont les mesures mises en place ?

Les canards des exploitations infectées seront tous abattus (7 000 canards l’ont déjà été hier dans le Tarn, 2 000 dans le Lot-et-Garonne). Des zones de surveillance sont aussi mises en place jusqu’à 10 kilomètres autour des élevages touchés, dans lesquelles les déplacements d’animaux sont interdits, tout comme les lâchers de gibiers. Les éleveurs doivent également respecter des mesures de biosécurité : changement régulier de tenue, nettoyage et désinfection des véhicules, notamment.

Quel impact pour les producteurs de foie gras ?

« C’est évidemment un traumatisme pour les éleveurs, mais on était en alerte orange, et donc on s’y est préparé », témoigne Marie-Pierre Pé. La principale conséquence porte en fait sur les exportations. Celles hors d’Europe étaient suspendues depuis un an du fait du précédent épisode de la maladie. Mais la France devait retrouver ce 3 décembre son statut de pays indemne d’influenza aviaire, statut attribué par l’Organisation mondiale de la santé animale (OIE), indispensable pour pouvoir exporter des volailles hors Europe. Du fait de la détection de ces nouveaux cas, le calendrier est repoussé de trois mois.

Y aura-t-il du foie gras à Noël ?

Oui, il y aura du foie gras dans les assiettes des Français pour les fêtes de fin d’année. « Ces nouveaux cas ne changent rien, assure Marie-Pierre Pé. Toutefois, à cause de la crise de l’année dernière, la production a baissé de 25 % sur l’ensemble de la filière française, et donc le foie gras sera un peu plus cher, mais de manière relativement imperceptible pour le consommateur, en moyenne 45 centimes d’euros par tranche. »

DNA-Sarah Miquey-Pallandre (03/12/2016)

La France est le premier producteur de foie gras dans le monde

Photo AFP

Photo AFP

La France est le premier producteur de foie gras dans le monde. En 2015, 19 200 tonnes ont été produites dans l’Hexagone (5 000 tonnes ont été exportées). En 2016, en raison d’un arrêt de la production de plusieurs mois, moins de 14 500 tonnes seront proposées sur le marché.

La filière génère 100 000 emplois directs et indirects.

93 % des Français consomment du foie gras.

Source : Comité interprofessionnel des palmipèdes à foie gras (Cifog)

DNA-03/12/2016

Publié dans Agriculture-Elevage, Chasse

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Jean-Louis 03/12/2016 07:17

Chasse, foie gras… même combat ! C’est de la torture –pour le foie gras- et, au final, du massacre pour les deux… Ni plus, ni moins !

« Les éleveurs de petit gibier » sont inquiets pour les emplois concernés : une fois de plus, voilà qui nous rappelle que la chasse, si elle est exécrable par le nombre d’animaux qu’elle décime chaque année (quelques millions tout de même) est, dans bien des cas et contrairement à ce que prétendent les porteurs de fusil, complètement inutile puisque totalement artificielle de par ces honteux lâchers « d’animaux de tir » ! Des bêtes élevées et jetées dans une nature où elles n’ont aucune chance d’échapper aux hordes de tireurs qui seraient mieux avisés d’aller aux ball-traps ! Mais, j’oubliais : ils n’auraient pas alors cette merveilleuse jouissance qu’ils doivent ressentir lorsqu’ils massacrent des êtres vivants…

93% des français consomment du foie gras selon les chiffres annoncés soit 93% de consommateurs qui se fichent complètement de la condition animale ! Ah mais, que l’on se rassure : pour faire bonne mesure, ils vont donner pour le Téléthon… là encore, sans réfléchir !
Il est vrai que cela demande un effort intellectuel qui n’est peut-être pas à la portée de tout le monde !
Pour ceux qui en revanche souhaitent en savoir plus : http://www.animaltesting.fr/
D’autre part : Dimanche 4 décembre Chaine M6 18h40, émission 66 Minutes. Inclus sans doute la marche du 16 octobre 2016 pour la fermeture du commerce de primates de Niederhausbergen.
Et, pour les plus courageux : même jour, même chaine 23h « Abattoirs, élevages, braconnage : les nouveaux scandales de la maltraitante animale » ! L214 y dénonce inlassablement les conditions d'élevage et de mise à mort des animaux à l'échelle industrielle…

Jean-Louis 03/12/2016 16:54

Rectificatif : Emission "66 Minutes" Dimanche 4 décembre, Chaine M6 à 17h20 (et non 18h40)