Centrale de Fessenheim - Anomalie sur le réacteur n° 2, La justice enquête

Publié le par Jean-Louis Schmitt

Saisi par Greenpeace et les associations antinucléaires alsaciennes, le parquet de Paris a ouvert une enquête préliminaire sur l’anomalie de l’unité n° 2.

Centrale de Fessenheim - Anomalie sur le réacteur n° 2, La justice enquête

La justice a donné suite à la plainte déposée le 14 octobre au tribunal de grande instance de Paris par Greenpeace et les militants antinucléaires alsaciens (Sortir du nucléaire, Stop Transports-Halte au nucléaire, Stop Fessenheim, Alsace Nature, Comité pour la sauvegarde de Fessenheim et de la plaine du Rhin). Ils demandaient au procureur de la République de Paris d’ouvrir une enquête sur quatre délits majeurs : mise en danger délibérée de la vie d’autrui, usage de faux, utilisation d’un équipement à risque et déclaration tardive d’un incident susceptible d’avoir des conséquences notables sur la sécurité de l’installation.

Ces mêmes chefs ont été retenus pour l’ouverture d’une enquête préliminaire, confiée à la gendarmerie.

À l’origine de la plainte, les anomalies documentaires détectées par AREVA dans le suivi des processus de fabrication d’équipements au sein de son usine du Creusot. Parmi les équipements concernés, la virole basse de deux générateurs de vapeur du réacteur numéro 2 de Fessenheim qui serait affectée d’irrégularités dans le processus de forgeage.

En juillet, l’Autorité de sûreté nucléaire a suspendu le certificat d’épreuve de l’unité, stoppée le 13 juin en raison de ce défaut, et a ordonné des investigations complémentaires quant à la résistance de l’acier.

Des falsifications ?

A l’ASN l’expertise technique, à la justice l’enquête sur la légalité. Elle devra déterminer si les griefs des antinucléaires sont fondés : EDF a-t-elle tardé à déclarer l’anomalie à l’ASN ? Areva a-t-elle sciemment utilisé un faux en vue d’obtenir un certificat de conformité ?

Fin octobre, le président de l’ASN Pierre-Franck Chevet avait affirmé devant des parlementaires que l’étude des dossiers de fabrication de pièces nucléaires forgées à l’usine du Creusot montrait que certaines anomalies s’apparentaient à des « falsifications ». Un signalement a été fait en ce sens à la justice.

Trois semaines sans électricité

Dans une toute autre affaire, on attend demain le délibéré du tribunal de police concernant la gestion par la direction de la centrale de Fessenheim de l’incident du 28 février 2015. Ce jour-là, une fuite d’eau avait provoqué des pannes électriques et entraîné l’arrêt d’urgence du réacteur n° 1.

Et alors que le gouvernement a promis un décret d’abrogation de l’autorisation d’exploiter avant la fin de l’année pour sceller le sort de Fessenheim, la centrale ne produira aucun kW pendant trois semaines. Le 10 décembre et jusqu’au 3 janvier en effet, le réacteur n° 1 sera arrêté, le temps de mener des contrôles de sûreté. Trois de ses générateurs de vapeurs sont affectés là aussi d’un défaut de forgeage mais cette fois-ci sur les fonds primaires fondus au Japon par l’entreprise JCFC.

Seule consolation pour EDF dans cette succession de contrariétés, les autres générateurs fabriqués sur le même type ont été dédouanés par l’ASN. Le gendarme du nucléaire a autorisé hier le redémarrage de sept d’entre eux.

DNA-Simone Wehrung avec AFP (06/12/2016)

Publié dans Nucléaire

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