Caméras dans les abattoirs: les députés s'opposent

Publié le par Jean-Louis Schmitt

Les députés se sont opposés mercredi en commission à l'installation de caméras dans les abattoirs, suggérée par une commission d'enquête parlementaire, au grand dam du rapporteur Olivier Falorni.

 

Caméras dans les abattoirs: les députés s'opposent

La commission des Affaires économiques de l'Assemblée a supprimé l'article clé d'une proposition de loi "relative au respect de l'animal en abattoir" portée par Olivier Falorni et son groupe des radicaux de gauche, ainsi que des députés d'autres groupes. Ainsi revu et corrigé, le texte doit être examiné par l'Assemblée nationale le 12 janvier.

 

Jugeant le texte "complètement vidé de sa substance, presque massacré", M. Falorni a voté contre la proposition de loi réécrite, cependant adoptée grâce aux voix socialistes. Les élus LR, UDI et certains EELV se sont abstenus. Alors que "cette mesure est plébiscitée par 85% des Français", le rapporteur a déploré dans un communiqué la position "extrêmement conservatrice de la commission" et "fermée" du ministère.

 

Le texte prévoit la mise en place d'un Comité national d'éthique des abattoirs et d'un comité local de suivi de site auprès de chaque abattoir. Pour les abattoirs de boucherie de plus de 50 salariés, la présence permanente d'un agent des services vétérinaires aux postes d'étourdissement et de mise à mort doit être rendue obligatoire.

 

"Pression"

 

Sur proposition de certains écologistes, des centristes et LR, l'article visant à rendre obligatoire l'installation de caméras dans toutes les zones des abattoirs où des animaux vivants sont manipulés a été supprimé. La mesure serait trop coûteuse et mettrait trop de "pression" sur les salariés, selon ces élus. Les socialistes s'y sont également opposés, certains se prononçant plutôt pour une expérimentation.

 

En septembre, le ministre de l'Agriculture Stéphane Le Foll s'était dit favorable aux caméras de surveillance dans les abattoirs, "dans le respect des salariés". L'opposition a aussi obtenu la suppression d'un autre article qui aurait autorisé les parlementaires à visiter les établissements d'abattage de façon inopinée, éventuellement accompagnés de journalistes titulaires de la carte d'identité professionnelle. "On n'est pas là pour faire les cowboys !" a lancé Philippe Le Ray (LR), agriculteur, Thierry Benoit (UDI) jugeant la disposition "invraisemblable".

 

Les députés ont en revanche renforcé les sanctions pour "mauvais traitements" d'animaux dans les établissements de vente, toilettage, garde ou dressage. Ils ont réintroduit une disposition du projet de loi Sapin II censurée par le Conseil constitutionnel, qui qualifiait de délit les mauvais traitements sur les bêtes en abattoir et dans les entreprises de transport. La proposition de loi découle des travaux de la commission d'enquête sur les conditions d'abattage des animaux de boucherie en France, pilotée par le même Olivier Falorni, qui avait en septembre préconisé 65 mesures pour diminuer la souffrance animale en abattoir.

Source : AFP

 

Lire aussi : Comment L214 s'est procuré les images chocs de l'abattoir de Limoges

 

Publié dans Bidoche

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Martine Reiter 20/12/2016 07:47

Ça ne devrait plus étonner personne... et nous les avons élus... A réfléchir à l'avenir !

Agnès Robert 20/12/2016 07:45

Voilà qui nous montre sans conteste possible où se trouvent les employés contre-productifs et nocifs de notre Etat...La souffrance infligées aux plus faibles et à ceux qui ne peuvent se défendre leur indiffère à tous les niveaux. Honte à eux qui ne méritent vraiment par leurs bien trop généreux émoluments.

Jean-Louis 17/12/2016 06:35

Puisque les députés refusent la mise en place de caméras (eh oui : cela pourrait à terme se révéler terrifiant par la révélation de la réalité...) laissons faire les courageux militants actifs de L214 et attendons d'autres images "volées" qui mettront en lumière de nouveaux scandales et horreurs quotidiennes liés aux abattoirs !
L'opinion publique jugera, je l'espère, sévèrement ces comportements tout comme il convient d'ôter toute confiance à ces élus timorés et couards qui ne méritent nullement leur fauteuil sous les « ors » de la République !