Alsace Nature s’oppose au projet de réduction du périmètre de la forêt de protection du massif forestier du Kreutzwald (Monswiller-Saverne)

Publié le par Jean-Louis Schmitt

Pour étendre son site de production, la société Kuhn (Saverne) demande de déclassifier 35 hectares de forêt protégée (*). Une procédure pour laquelle il n’y a pas de précédent au niveau national (Lire ci-dessous l’article paru dans les DNA le 19 décembre 2015).

Alsace Nature s’oppose au projet de réduction du périmètre de la forêt de protection du massif forestier du Kreutzwald (Monswiller-Saverne)

Le classement concerne une superficie totale de plus de 516 hectares. Le dossier ne comporte aucune évaluation des mesures compensatoires prévues et reste muet quant à l’impact du projet d’extension de la zone d’activités sur ces mesures de compensation.

 

En conséquence, Alsace Nature, le GEPMA, la LPO, l’Association pour l’Etude et la Protection des Amphibiens et Reptiles d’Alsace et la Société Alsacienne d’Entomologie émettent un avis défavorable à la réduction du périmètre de la forêt du Kreutzwald !

 

Voir également le courrier adressé par Alsace Nature et les associations cosignataires au Commissaire-enquêteur.

 

(*) Décret du 9 novembre 2012 portant classement comme forêt de protection du massif du Kreutzwald sur le territoire des communes de Monswiller, Saverne, Steinbourg et Waldolwisheim dans le département du Bas-Rhin. Texte du 09/11/2012, paru au Journal Officiel le 11/11/2012.

Pour s’agrandir, Kuhn demande le déclassement d’une forêt

Pour étendre son site de production, la société Kuhn demande de déclassifier 35 hectares de forêt protégée. Une procédure pour laquelle il n’y a pas de précédent au niveau national.

Résultat d’une première phase d’extension, le centre de montage de grandes machines de Kuhn est opérationnel depuis 2008. Photo archives DNA

Résultat d’une première phase d’extension, le centre de montage de grandes machines de Kuhn est opérationnel depuis 2008. Photo archives DNA

Parce que la taille des exploitations agricole ne cesse de s’agrandir, la société Kuhn a besoin de construire des machines agricoles de plus en plus grandes. C’était déjà l’une des raisons qui avaient conduit, entre 2004 et 2007, à une première phase d’extension des capacités de production à Monswiller, sur un site annexe au siège savernois. À l’époque, une longue procédure, menée avec l’État et la communauté de communes de la région de Saverne (CCRS), avait conduit au déboisement de 18 hectares pour y implanter plusieurs nouveaux bâtiments au fil des ans, en échange de mesures compensatoires de boisement.

Volonté de privilégier le site alsacien

À proximité de ces installations, une bande de 35 hectares de forêt, coincée entre l’usine et la RD1004, avait aussi été protégée. C’est ce terrain qui est aujourd’hui visé par la procédure de déclassement. « Le déclassement d’une forêt protégée, c’est une première en France. On devra aller devant le Conseil d’État », indique Pierre Kaetzel, le président de la CCRS, qui compte sur « les services de l’État et le sous-préfet ». Dans la balance, la CCRS propose des boisements compensatoires ainsi que le classement de trois nouvelles parcelles en « forêts de protection ».

Ces efforts importants s’expliquent par le fait que Kuhn, avec ses 5 200 emplois dans le monde dont 1 450 dans la région de Saverne, est devenue le poumon économique du territoire. « Aujourd’hui, Kuhn veut savoir si elle peut continuer à se développer sur le secteur de Saverne », résume Pierre Kaetzel, pour qui une extension permettrait de « garantir l’emploi existant ». Voire d’en « créer un certain nombre », s’agissant d’une entreprise mondialisée mais qui s’est toujours montrée soucieuse de l’emploi local.

Comme en font foi, selon Dominique Schneider, responsable financier de Kuhn, les 60 millions d’euros cumulés investis sur le site de Monswiller ces dernières années.

Car même si la société fait partie d’un groupe suisse, Bucher Industrie, elle considère toujours que « le positionnement de l’Alsace reste intéressant. Elle est centrale au niveau européen, elle profite de bonnes connexions au réseau autoroutier, de projets de transport fluviaux et de la qualité de gens formés et ouverts sur l’Europe. » C’est pourquoi elle privilégie le site alsacien pour y développer une nouvelle famille de produits de grande taille. Un projet dont la réalisation est liée aux résultats d’une procédure qui, selon Dominique Schneider « peut prendre cinq ans »

DNA-Emmanuel Viau (19/12/2015)

Publié dans Environnement

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J. P. 28/12/2016 21:04

Déjà en 2007 , Kuhn SA avait usé des mêmes arguments pour s'étendre au-delà de leur site savernois (entre l'hôpital et la voie ferrée) accaparant et détruisant les deux tiers du parc paysager de l'étang de la Schlitte (Schlettenbach) , aujourd'hui devenu pour partie seulement une aire de stockage,mal utilisé. Mais le mal est fait, l'étang n'existe plus et la rivière Lohbach détournée et enfouie .Le comble de l'hypocrisie se lit sur une stèle érigée par Kuhn et proclamant les bienfaits de "l'aménagement du site" et d'un pseudo parcours-santé noyé sous la boue ! La municipalité Zeller de l'époque était complice de toutes leurs magouilles y compris de soit-disant terrains à échanger contre la venue de l'usine Yamaha dont on connaît aujourd'hui l'issue... C'est d'ailleurs la même équipe de bétonneurs qui mit en oeuvre le projet de golf de la Sommerau ! A l'époque une grande pétition et de nombreux articles mobilisèrent les savernois très attachés à leur parc et leur promenade . Un comité de défense fut crée .