« Albert Schweitzer et le paradigme de la rupture entre l’Homme et l’Animal » par Jenny Litzelmann

Publié le par Jean-Louis Schmitt

Extrait du Colloque : «Le Bien-être animal, un enjeu de justice et de paix» qui s’est tenu à Strasbourg (22 octobre 2016)
 

 

Philosophe et directrice de la Maison Albert Schweitzer à Gunsbach (Association Internationale pour l’œuvre du Dr Albert Schweitzer de Lambaréné), Jenny Litzelmann procède à une remise en question de la barrière entre l’Homme et l’Animal à la lumière de l’éthologie, de la philosophie et de la pensée d’Albert Schweitzer, telle qu’elle s’exprimait dans son œuvre.


Le bien-être animal, un enjeu de justice et de paix
Les animaux sont des êtres vivants possédant sensibilité, émotions, intelligence, liens sociaux. La frontière avec notre espèce est en train de se fissurer de toutes parts.
Des hommes ont maintes fois, dans l'histoire, tracé envers d'autres hommes la frontière arbitraire qu'ils avaient appris à construire avec les animaux. Or les hommes reçoivent la violence qu'ils ont donnée et connaissent en retour la souffrance, ou construisent un blindage contre la compassion, la pensée libre et le sens éthique.

 

Contre la folie guerrière des hommes et la dévastation de la planète, s’élève le respect de toute vie, à commencer par l’amour de soi et de ses semblables. Le noyau lumineux des religions, les réflexions philosophiques et les connaissances scientifiques éclairent le chemin. Les églises chrétiennes peuvent devenir acteurs du bien-être animal. Le droit et la politique doivent intégrer que l’animal est sentient.
 

Le défi de notre système de gouvernance est de dompter les forces économiques qui font obstacle à la bienveillance, à la responsabilité, à la compassion. Elus et candidats doivent se positionner.
Dans le domaine des productions animales règne le verrouillage socio-technique. Nous appelons les professionnels, qu’ils soient agriculteurs, ouvriers, techniciens, vétérinaires, chercheurs, fonctionnaires, directeurs, artisans, industriels, commerçants, élus ou préfets :
- à sortir de la soumission au diktat économique
- à sortir de la langue de bois, du fatalisme, de la violence qui imposent aux animaux des privations et des performances extrêmes dans le déni de leurs besoins et de leur nature, et trop souvent la brutalité,
- et à se mettre autour d’une table pour organiser la viabilité économique de la grande transition du « Moins mais Mieux », afin de réduire la quantité de protéines animales et viser l’excellence des conditions d’élevage et autres pratiques.

Vidéo : Jenny LITZELMANN - Albert Schweitzer et le paradigme de la rupture entre l’Homme et l’Animal (51 :31) :

Publié dans Portrait, Animaux

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