Abattage d’arbres en bordure de route : le massacre continue !

Publié le par Jean-Louis Schmitt

La veille de Noël, j’ai dénombré pas moins de 14 arbres abattus le long de la D38 (entre Vieux-Lixheim et Rauwiller) ! A force de « taper dedans », la belle allée qui bordait cette longue ligne droite, ne sera bientôt plus qu’un simple souvenir (lire par ailleurs ici et ci-dessous)…

Photos : Jean-Louis Schmitt
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À propos d’une coupe d’arbres

De Bertrand Wahl, maire de Hunspach :

« Les cinq tilleuls entre Hunspach et Schoenenbourg étaient presque bicentenaires : ils dataient de l’époque napoléonienne, au temps où le préfet alsacien Lezay-Marnésia avait décidé de placer des bancs en pierre de grès en l’honneur de la naissance du fils de Napoléon dit le “Roi de Rome” pour les dames qui circulaient entre les villages. Le choix de cette espèce d’arbre n’est pas un hasard. En effet le tilleul peut devenir millénaire. Ainsi le plus vieux tilleul français situé dans le Calvados est âgé de 1700 ans. En Alsace plusieurs ont 700 ans. Celui situé à Dompeter, bien qu’ayant un tronc « d’un aspect pourri », et peu esthétique, est toujours vivant. Ce sont de véritables monuments historiques vivants témoins de notre passé si riche.

Concernant les cinq tilleuls en question, ils étaient bien situés, à un endroit offrant un beau point de vue et sur une route touristique en direction de la forêt et de la ligne Maginot. Ce double avantage aurait pu être valorisé par la réfection du banc ou son remplacement par un “vrai” ancien banc-reposoir (celui en direction de Hoffen aurait été parfaitement valorisé à cet endroit !). Ces arbres faisaient donc partie intégrante de notre patrimoine naturel, culturel, esthétique et historique sans compter l’aspect écologique car les fleurs du tilleul sont excellentes pour les abeilles, même le bois et les feuilles sont comestibles ! Ils étaient donc vraiment très remarquables.

En septembre 2016, le conseil départemental fait une demande d’abattage à la mairie, au motif qu’ils sont malades et menacent la sécurité routière. Conscient de la valeur de ces arbres, j’ai rappelé qu’une réflexion était en cours pour la mise en valeur des sites historiques (forêt, forts de la Ligne Maginot, village) et le futur itinéraire cyclable Est-Ouest de la communauté de communes passera justement sur cette route devant ces arbres. Une visite sur place avec le responsable du Département concluait à un sursis et j’ai demandé de ne pas procéder à l’abattage. Sans en tenir compte et “comme si de rien n’était”, tous les arbres sont abattus et dégagés en une demi-journée, le 1er décembre 2016. Quel drame !

Quant à l’état “malade”, invoqué par le rapport du bureau d’études du conseil départemental, le premier arbre et le plus gros était “pourri” du côté Est mais côté Ouest, celui des vents dominants, l’arbre a magnifiquement compensé sa faiblesse, en témoigne l’importante couronne qu’il avait développée depuis sa dernière taille. Un deuxième tilleul était beaucoup moins “atteint”, les trois derniers étaient parfaitement sains au regard de leur grand âge. Il n’y a par conséquent pas de raison de les condamner.

Si la sécurité paraissait être en jeu, on aurait pu les retailler comme il y a une trentaine d’années, à la même hauteur pour ne pas les affaiblir (par de grosses cicatrices), ceci afin de réduire la prise au vent.

Au-delà de la sécurité, nos concitoyens avaient pris conscience de l’importance et la richesse de ce patrimoine exceptionnel. Quel gâchis ! »

DNA (18 décembre 2016)

A Hunspach, cinq tilleuls ont été coupés au grand dam du maire Bertrand Wahl. DR

A Hunspach, cinq tilleuls ont été coupés au grand dam du maire Bertrand Wahl. DR

Publié dans Biodiversité

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