Seb, Chasseur repenti...

Publié le par Jean-Louis Schmitt

Seb a vécu dans une famille de chasseurs, avec des amis chasseurs. Il a lui-même chassé et c'est rendu compte des conséquences de ses actes. Voici son témoignage.

Chevrette... Photo : JLS

Chevrette... Photo : JLS

"Je voulais faire part de mon expérience personnelle concernant la chasse, car je vois de plus en plus de chasseurs qui se prennent pour des amoureux voir même des protecteurs de la nature et en tant qu'ancien chasseur repenti devenu vegan, ça me hérisse le poil !

En effet étant fils de chasseur, j'ai passé mon enfance à voir des animaux se faire massacrer par la "beauferie" humaine, le sentiment de toute puissance que provoque chez certains hommes la tenue d'une arme à feu...

A l'époque on m'avait tellement rebattu les oreilles des bienfaits du "prélèvement" et de la "régulation" que ça me paraissait normal, naturel, puis, en grandissant, les cris d'un chevreuil agonisant ressemblants aux pleurs d'un bébé, le spectacle macabre d'une laie se traînant en poussant sur ses pattes arrières, les deux antérieures étant fauchées par une balle, tentant de fuir pour sa vie, tout ça sous les rires sinistres de leurs bourreaux, m'ont fendu le cœur! Croiser le regard apeuré et en train de s'éteindre de ces animaux voulant simplement vivre a déclenché un début de prise de conscience...

Puis les discours des chasseurs et leurs comportements aux antagonistes quand ils chassent entre eux et quand ils veulent faire bien devant le monde me consternaient de plus en plus : hé oui le discours change quand, lors d'une saoulerie, on raconte ses anecdotes de braconnage, l'histoire d’une balle transperçant une laie allaitante ou celle d’une buse (oiseau pourtant protégé) qui a pris un coup de 4,5 dans sa gueule...

Et au cours de cette enfance, j'ai rencontré des dizaines de chasseurs : pas un n'avait l'éthique dont il parlait pourtant si bien. Il ne faut pas chercher bien loin pour savoir ce qu'est la chasse : c'est prendre un fusil pour flinguer des animaux sans la moindre possibilité de défense, le reste ce n'est que de la littérature ! Et encore je ne parle là que de la moins pire des chasses : la chasse devant soi. Je n'ose même pas évoquer les battues ou la chasse à courre…

Pour faire plaisir à mon père, j'ai donc passé le permis à 16 ans (oui ! à seize ans on peut posséder une arme à feu létale) et lorsque j'ai tiré la première fois sur un être vivant, en l’occurrence un lapin, je me suis senti tellement minable ! Qu'étais-je censé ressentir ? De la satisfaction ? Me sentir viril pour avoir assassiné à bonne distance un animal d'à peine 5 kg? En tout cas je n'ai rien ressenti de tout cela et la chasse a été finie pour moi : je me demande encore aujourd'hui comment j'ai pu supporter cette immersion des années durant.

Donc : NON la chasse n'est pas un loisir, c'est du meurtre autorisé et de surcroît pour le plaisir ! Ce sont des animaux blessés allant parfois agoniser des jours durant, des petits qui mourront de faim en attendant leurs mère qui ne reviendra jamais, du plomb dans les oreilles des chiens etc.

Bref les discours moraux des chasseurs sont sans fondements ni valeur, c'est une façade car comme pour les abattoirs, les "braves gens" ne doivent pas savoir, sinon ils prendraient positions !"

Seb est maintenant vegan.

Source : Collectif limousin d'action militante pour les animaux

 

Publié dans Chasse

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Martina 01/12/2016 13:40

BRAVO ! Enfin un homme honnête et courageux.. J'en ai les larmes aux yeux..
Merci Jean-Louis pour cette belle et si importante publication. Et là, j'ai une pensée forte pour mon oncle qui a une seule fois accompagné son père chasseur qui lui allait seul à la chasse et non en bande. Je te raconterai à l'occasion..