NDDL. Après le jugement, les opposants appellent à la résistance

Publié le par Jean-Louis Schmitt

Après que la Cour administrative d'appel de Nantes a refusé le recours des opposants à l'aéroport de Notre-Dame-des-Landes, ce lundi, 250 d'entre eux se sont réunis à la Vache-Rit, leur QG dans la Zad, pour réaffirmer leur détermination.

NDDL. Après le jugement, les opposants appellent à la résistance

« On se battra jusqu'au bout. » Environ 250 personnes, membres de l'Acipa, du collectif Copains 44, des zadistes, des riverains et autres opposants, se sont réunies sous le hangar de la Vache-Rit, le QG de la Zad de Notre-Dame-des-Landes, pour réaffirmer leur détermination à se battre contre l'aéroport.

Les opposants à l'aéroport l'affirment« La décision de la Cour d'appel n'entame en rien la légitimité de notre combat face à la destruction du vivant et à la marchandisation du monde. L'ensemble du mouvement réaffirme qu'il ne laissera place à aucun début de travaux ni d'expulsion sur la ZAD de Notre-Dame-des-Landes. »

Entre déception et détermination

Après une semaine d'espoir, motivée par la préconisation de la rapporteure publique qui avait demandé à la cour d'annuler les arrêtés préfectoraux loi sur l'eau et espèces protégées autorisant la construction de l'aéroport, la déception est grande.

« On en a pris gros sur la tronche, commente Sylvain Fresneau, opposant historique et expulsable de la Zad. On perd à 10 % alors que les rapporteurs sont suivis à 90 % d'habitude. Les juges ont suivi l'État, on ne peut plus croire en la justice… » Pour autant, leur engagement est intact« Ce n'est qu'un épisode de plus… » 

Concernant l'expulsion, il prévient« S'ils veulent venir, on les attend! »

OUEST-France (14 novembre 2016)

Les opposants à l'aéroport se sont réunis sur la ZAD après la décision défavorable de la Cour d'appel, ce lundi. | Franck Dubray / Ouest-France

Les opposants à l'aéroport se sont réunis sur la ZAD après la décision défavorable de la Cour d'appel, ce lundi. | Franck Dubray / Ouest-France

DNA-L’éditorial de Didier Rose

DNA-L’éditorial de Didier Rose

Notre-Dame-du-Marécage 

Le futur aéroport nantais de Notre-Dame-des-Landes colle aux semelles du gouvernement. S’il espérait que les juges administratifs l’en débarrassent, c’est raté. En autorisant le début des travaux, la cour de Nantes plonge Manuel Valls dans la pire des situations. Il est tenu par sa promesse de lancer un projet qui pourrait devenir l’ultime marécage politique dans lequel sombrera un quinquennat marqué par la poisse.

De victoire, dans ce dossier, il n’y en aura plus. Le rapporteur public de la cour a validé les arguments des opposants voyant dans cet aéroport la coûteuse danseuse d’élus et une jolie rente pour les investisseurs. Son avis n’a pas été suivi en droit, mais il ne sera plus possible de prétendre que les anti-Notre Dame ne sont que des illuminés rétrogrades vêtus de peaux de chèvres.

C’est plutôt l’édifice administratif et économique bâti sur mesure autour de cette plate-forme qui se révèle obsolète. Le projet parle du passé. On évacue, on bétonne, on rembourse pendant des décennies. Comme si la France pouvait encore se permettre de tels caprices aux dépens de ses espaces, pour le malheur de ses espèces.

Si Valls fait donner la troupe contre les occupants du site, il passera encore pour un psychorigide. À ce moment de la course à l’Élysée, une déferlante de CRS dans le bocage ne manquerait pas de panache. Il y aurait là une déclaration de guerre aux écologistes et à une gauche anticapitaliste - quel cadeau pour la droite.

Valls sait aussi que sa ministre de l’écologie, Ségolène Royal, le guette au coin du marais pour le tacler. Ce serait l’occasion rêvée. Et le début de gros ennuis pour le Premier ministre d’un pays présidé par un grand phobique du conflit. François Hollande, dans son livre de confidences, dit ne pas croire en cet aéroport. S’il laisse faire Valls, ce sera donc pour l’empêcher de s’envoler.

DNA 15/11/2016

Travaux autorisés à Notre-Dame-des-Landes

Les juges de la cour administrative d’appel de Nantes ont validé hier les arrêtés autorisant les travaux de l’aéroport controversé de Loire-Atlantique, une décision cruciale pour l’avenir du chantier.

NDDL. Après le jugement, les opposants appellent à la résistance

L’annulation d’un seul arrêté préfectoral, sur les cinq contestés en justice, aurait porté un coup d’arrêt au projet d’aéroport de Notre-Dame-des-Landes, déclaré d’utilité publique en 2008. Mais les sept juges administratifs ont, comme en première instance le 17 juillet 2015, validé hier les arrêtés qui autorisent le concessionnaire du futur aéroport, une filiale de Vinci, et l’État, à déroger aux interdictions de destructions des zones humides et de la centaine d’espèces protégées qui y vivent.

Les juges n’ont pas suivi les préconisations du rapporteur public qui avait demandé à la cour l’annulation de quatre arrêtés, dits « loi sur l’eau » et « espèces protégées ».

En raison d’une « alternative avérée » à la construction d’un nouvel aéroport, à savoir l’optimisation de l’infrastructure existante, celle de Nantes-Atlantique, le rapporteur public estimait qu’ils ne respectaient pas le Code de l’environnement.

Pourvoi devant le Conseil d’État possible

Pour les juges, le réaménagement de l’aéroport actuel de Nantes-Atlantique ne constitue pas une « alternative avérée », ni une « solution alternative satisfaisante ». Et les mesures environnementales prévues pour compenser les destructions de cette zone humide à 98 % et de la centaine d’espèces protégées sont satisfaisantes.

« C’est une immense déception. Nous pensions que les conclusions du rapporteur seraient suivies, comme dans 90 % des cas », a réagi Françoise Verchère, l’une des requérantes, ancienne élue (Front de gauche) de Bouguenais, où est situé l’actuel aéroport nantais. « Le combat continue », a-t-elle lancé depuis la salle où s’étaient pressés partisans et opposants du nouvel aéroport nantais.

« Déception et incompréhension » également pour Julien Durand, porte-parole de l’Acipa, principale association d’opposants qui a rappelé qu’il leur reste deux mois pour former un pourvoi devant le Conseil d’État.

Plusieurs opposants ont déjà annoncé leur intention de se pourvoir devant le Conseil d’État. Mais ce pourvoi n’est pas suspensif et portera « sur des questions de droit uniquement », avait rappelé avant l’audience Thomas Dubreuil, l’un des avocats des requérants.

Dix recours au total ont été déposés par les principales associations opposées au projet. Seul Europe Écologie-Les Verts (EELV) n’avait pas fait appel des jugements de première instance.

« L’ensemble du mouvement antiaéroport réaffirme qu’il ne laissera place à aucun début de travaux ni d’expulsion sur la Zad de Notre-Dame-des-Landes », ont déclaré les différentes composantes du mouvement antiaéroport. « Il n’y aura pas d’aéroport à Notre-Dame-des-Landes ».

Ouverture initiale en 2017…

Les opposants devaient se rassembler en fin de la journée d’hier sur la Zad. « On va démultiplier notre résistance », a assuré Julien Durand, qui « souhaite bon courage à Manuel Valls ».

Le projet d’aéroport du Grand Ouest, soutenu par les collectivités locales et cher à l’ancien Premier ministre et ex-maire (PS) de Nantes Jean-Marc Ayrault, est en suspens depuis l’automne 2012. Son ouverture, à une vingtaine de kilomètres au nord de Nantes, était initialement prévue en 2017.

DNA-15/11/2016

 

Réactions

Manuel Valls

« Ce jugement, intervenant après 168 décisions de justice favorables au projet, prouve une nouvelle fois que le projet est parfaitement légal et conforme aux réglementations ».

Bruno Retailleau

Pour le président LR de la région, président du Syndicat mixte aéroportuaire fédérant les 22 collectivités soutenant ce projet, « il appartient désormais au président de la République d’évacuer la Zad immédiatement et de lancer, enfin, ce projet essentiel pour le Grand Ouest ».

Yannick Jadot

Le candidat Europe Écologie-Les Verts (EELV) à la présidentielle, présent hier aux côtés des opposants, a dénoncé « un fait rarissime ».

DNA-15/11/2016

Publié dans NDDL

Commenter cet article