Le silure : Ange ou démon ?

Publié le par Jean-Louis Schmitt

Le silure fait de nombreux adeptes. Il fait partie de la famille des siluridés qui compte près d’une centaine d’espèces dans le monde. Une seule est présente en France. Les premiers spécimens furent signalés dans le Rhin en 1857.

Un silure de 1,62 m et quelque 40 kg kilos a été pris dans le Rhin courant septembre. Photo : DNA

Un silure de 1,62 m et quelque 40 kg kilos a été pris dans le Rhin courant septembre. Photo : DNA

Le silure opère un retour en force : actuellement il se multiplie à grande vitesse dans le Rhin et ses affluents. Ce prédateur peut atteindre une longueur avoisinant les trois mètres et pouvant atteindre 150 kilos.

Selon des statistiques, seules de rares captures de silures ont été enregistrées dans le Rhin pendant les années 1980. Mais en 1997 on en pêchait déjà 1,3 tonne, en 2012 plus de 14 tonnes et, à ce jour, une quinzaine de tonnes.

L’espèce serait en régression

Malgré les craintes de ceux qui ne lui vouent pas une admiration sans limite, selon les études menées au niveau européen sur ce poisson hors normes, le silure ne serait pas un vecteur de régression écologique.

Les scientifiques se sont fait une conviction à laquelle n’adhère pas toujours un certain nombre de pêcheurs et de gestionnaires.

Plus surprenant, l’espèce serait en régression. Le silure figure du reste à l’annexe III de la convention de Berne sur les espèces de faune menacées. Le silure n’a jamais joué un grand rôle dans le Rhin et ses affluents, mais cela a changé.

Est pointé le rôle des pêcheurs de loisir qui remettent des silures à l’eau dans de nombreux endroits différents et contribuent à leur prolifération.

De plus, en temps normal, la femelle pond tous les dix ans. Mais il semblerait que l’augmentation de la température de l’eau du Rhin due aux centrales nucléaires et thermiques qui utilisent l’eau du Rhin, ainsi que le réchauffement climatique, a rendu possibles des reproductions annuelles.

C’est aux mois de juillet et août que le mâle choisit le lieu de ponte, sur un haut-fond, à l’abri de la lumière. La femelle pond de 20 000 à 30 000 œufs. Jusqu’à cinq ans, le silure grandit de 38 cm à 48 cm par an, puis stagne entre 5 et 7 cm l’an.

Le plus gros silure capturé à la ligne en France pesait 106 kg pour 2,46 m

Le plus gros silure capturé à la ligne en France pesait 106 kg pour 2,46 m, le plus long mesurait, lui, 2,76 m. Autre phénomène lié à ces facteurs : les gobies, petits poissons qui se sont rapidement répandus dans nos rivières, et sont un des mets préférés du silure.

Il mange environ un kilo de nourriture par kilo de son poids par an. Un brochet mange trois kilos de poisson par kilo de son poids, toujours par an. Donc, environ deux à trois fois plus qu’un silure. Il trouve sa nourriture grâce à un sens olfactif 100 000 fois supérieur à celui de l’être humain et à ses barbillons, véritables organes sensoriels.

Le silure est opportuniste, il mange tout ce qui peut l’être, mais pas à longueur de journée comme beaucoup trop le pensent.

Le silure est cannibale, même s’il n’est pas en surdensité. Si cela devenait le cas, il dévorerait sa propre progéniture pour conserver sa population de nourriture, ce qu’on appelle une régulation naturelle…

DNA-M.L. (13/11/2016)

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