La sortie du nucléaire en Suisse à partir de 2017 ?

Publié le par Jean-Louis Schmitt

Les électeurs doivent se prononcer demain, à l’occasion d’une « votation » initiée par les verts, sur un programme prévoyant l’arrêt de trois de ses cinq réacteurs dès l’an prochain. Contre l’avis du gouvernement et du Parlement helvétiques.

La Suisse produit environ 33 % de son électricité à partir du nucléaire (ici la centrale de Gösgen), près de 60 % grâce aux centrales hydrauliques, et un peu plus de 4 % avec des sources renouvelables (solaire et éolien). Photo AFP

La Suisse produit environ 33 % de son électricité à partir du nucléaire (ici la centrale de Gösgen), près de 60 % grâce aux centrales hydrauliques, et un peu plus de 4 % avec des sources renouvelables (solaire et éolien). Photo AFP

La fin du nucléaire plus vite que prévu ? Comme l’Allemagne, la Suisse a décidé, après la catastrophe de Fukushima (Japon) en mars 2011, de fermer progressivement les centrales nucléaires du pays. Sans toutefois fournir de calendrier précis. 

L’idée du gouvernement helvétique est de décommissionner les cinq réacteurs qui produisent environ un tiers de l’électricité en Suisse, au fur et à mesure qu’ils approchent de leur fin de vie, et de ne pas les remplacer. Mais toutes les centrales nucléaires du pays opèrent sous des licences qui leur permettent de continuer à produire tant qu’elles répondent aux critères de sécurité.

C’est pourquoi les verts ont lancé il y a 5 ans une initiative afin de demander au peuple de se prononcer sur la limitation à 45 ans de la durée de vie d’un réacteur.

« Menace sur la sécurité énergétique »

C’est sur cette proposition que les électeurs devront se prononcer demain, lors d’une « votation » au niveau fédéral, comme le prévoit le système de démocratie directe en vigueur dans le pays. Sans une date limite, « il faudra attendre d’avoir une panne ou un incident avant de pouvoir fermer les centrales nucléaires », justifie Mathias Schlegel, porte-parole de l’initiative des verts.

Cette initiative, soutenue par les partis de gauche, déboucherait sur des fermetures prématurées, objecte le gouvernement. Si le oui l’emporte, deux centrales devraient fermer dès 2017 : la centrale de Beznau (canton d’Aargau), près de la frontière allemande, et celle de Mühleberg (canton de Berne). « Il serait impossible de compenser à temps l’abandon de l’électricité nucléaire au moyen d’une électricité issue d’énergies renouvelables et produite en Suisse », ont averti les autorités. « Nous serions donc contraints d’importer de grandes quantités d’électricité au cours des prochaines années, ce qui non seulement affaiblirait la sécurité de notre approvisionnement, mais constituerait en outre un non-sens écologique, puisque l’électricité produite à l’étranger provient souvent de centrales à charbon. »

Le Parlement suisse est également opposé à l’initiative, tout comme les partis de droite. Les électeurs, eux, hésitent. 48 % des personnes interrogées se prononcent en faveur de l’initiative, contre 57 % le mois dernier, selon le dernier sondage effectué par l’institut gfs.bern la semaine dernière. Les opposants représentent eux 46 % (en hausse de 10 points).

Les défenseurs du projet soulignent qu’avec trois réacteurs à l’arrêt pour réparation - les deux de Beznau et celui de Leibstadt - jusqu’au début de l’an prochain, les Suisses vont devoir passer l’hiver avec des centrales nucléaires à 50 % de leur capacité.

DNA-26/11/2016

Publié dans Nucléaire

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