La défense s’organise

Publié le par Jean-Louis Schmitt

Un eurodéputé en visite, une tribune cosignée par des dizaines de personnalités, un site internet tout frais : derrière les remparts, la défense du château de Kolbsheim et de ses jardins, menacés par le chantier du GCO, s’organise peu à peu.

De nouvelles personnalités devraient venir défendre le château dans les prochains temps. Photo : archives DNA

De nouvelles personnalités devraient venir défendre le château dans les prochains temps. Photo : archives DNA

Il n’est sans doute plus nécessaire de présenter le château de Kolbsheim. Sa première pierre posée en 1703 sur les ruines d’une ancienne maison de maître. Ses changements successifs de propriétaires, au fil des vicissitudes de l’histoire. Son parc d’une trentaine d’hectares, remodelé après la Première Guerre mondiale, mêlant harmonieusement jardin à la française, terrasse à l’italienne et parterres à l’anglaise. Son inscription au titre des monuments historiques en 1972, son label « Jardin remarquable » obtenu en 2004. Et puis, cette autoroute à deux fois deux voies, ce viaduc du grand contournement ouest (GCO) de l’agglomération strasbourgeoise, qui menace aujourd’hui de défigurer l’ensemble.

L’ouvrage d’art, long de 480 mètres, doit permettre le franchissement de la Bruche. Du haut de sa quinzaine de mètres, il dominera les jardins du château. Le chantier du GCO, en l’état actuel, doit débuter fin 2017. Les travaux du viaduc sont annoncés pour début 2018. Une échéance assez proche pour intensifier, aujourd’hui, la mobilisation. Et assez lointaine, pour permettre aux défenseurs de ce patrimoine architectural et paysager remarquable de s’organiser.

Tribune, site internet et ministère

Menacé depuis des années par le projet du GCO, le château de Kolbsheim recommence à faire parler de lui après 2014. « Cette année-là, Roland Ries, maire (PS) de Strasbourg change d’avis sur le projet GCO alors qu’il nous soutenait », rappelle Jean-Marie Grunelius, membre de la famille propriétaire des lieux. Depuis, la menace planant sur le château de Kolbsheim est dénoncée sans faille par les opposants au projet autoroutier. Les relations que la famille Grunelius entretient avec ces derniers « sont très bonnes ». Membres du collectif GCO non merci, élus ou simples citoyens habitués à fréquenter le lieu pendant ses sept mois d’ouverture annuelle au public, tous témoignent de leur soutien.

Depuis quelques semaines, de l’aveu même de Jean-Marie Grunelius, la mobilisation autour du château entre dans une phase encore plus active : « On a bien compris que le projet s’accélérait et qu’il fallait déclencher le mouvement. »

Il y a eu, fin septembre, la publication d’une tribune adressée à la ministre de la culture (lire DNA du 23 septembre ). « Une idée collective, née dans la tête d’un certain nombre de personnes qui pensaient qu’il fallait communiquer sous cette forme », poursuit le propriétaire. Parmi les signataires, Guillaume Kientz, conservateur du patrimoine au musée du Louvre, originaire d’Ernolsheim. Mais aussi, pêle-mêle, Stpéhane Bern, Charlotte de Turckheim, Dany Karcher, etc. Du beau monde, informé de l’existence de cette tribune « par le bouche-à-oreille et les contacts directs et indirects de chacun », et réuni pour apposer sa signature en moins de trois semaines.

De son côté, la famille Grunelius a pu rencontrer la ministre de la culture, Audrey Azoulay. « Elle m’a dit qu’elle était informée du problème et qu’elle allait organiser une réunion sur le sujet avec ses services. J’ai tendance à lui faire confiance », avance Jean-Marie Grunelius.

Entre-temps, le 26 octobre, l’eurodéputé (EELV) Yannick Jadot profitait d’une session au Parlement européen de Strasbourg pour passer quelques heures dans les jardins du château, qui surplombent la plaine d’Alsace. L’occasion pour lui d’ériger la lutte anti GCO au même plan que celle qui oppose, depuis des années, le gouvernement aux zadistes de Notre-Dame-des-Landes. Mais la présence d’un eurodéputé, de surcroît candidat en lice pour la primaire EELV en vue de l’élection présidentielle, c’est surtout l’occasion de médiatiser les enjeux de Kolbsheim au niveau national.

« Nous ferons tout pour sauvegarder cet endroit »

Pour mieux faire connaître le château et renforcer la communication autour du sujet, un site internet spécifique au lieu vient de voir le jour. « Ça date d’il y a une semaine. » On y trouve une brève présentation du site et des enjeux. « Les futurs événements organisés ici auront vocation à être annoncés sur le site », poursuit l’actuel propriétaire. Et d’annoncer le passage dans les prochains temps « d’un certain nombre de personnalités du monde politique ou de la culture qui souhaitent témoigner de leur sympathie ». Même si « aucune date n’a été calée pour l’instant ».

« Jusqu’au bout, nous ferons tout pour sauvegarder cet endroit, lance Jean-Marie Grunelius. On a beau nous dire que l’autoroute ne passera pas dans le salon, on sait bien qu’à terme, le GCO condamnerait le château. »

DNA-Esteban Wendling (04/11/2016) 

Publié dans GCO

Commenter cet article