La COP17 met fin au commerce du perroquet gris du Gabon

Publié le par Jean-Louis Schmitt

Alors que la COP17 s’est achevée le 5 octobre dernier, l’un des grands vainqueurs de cette édition est sans conteste le perroquet gris du Gabon. Tandis que le Cameroun réclamait le droit de continuer à commercialiser l’oiseau, une coalition de pays africains, menée par le Gabon et soutenue par l’Union Européenne, demandait, elle, l’arrêt total de l’exportation du gris du Gabon. C’est cette dernière qui a eu gain de cause.

Photo : Jean-Louis Schmitt

Photo : Jean-Louis Schmitt

Le perroquet gris également appelé « perroquet jaco » est l’un des oiseaux les plus commercialisés au monde. Classé « vulnérable » par l’Union internationale pour la conservation de la nature (UICN), celui qu’on appelle couramment le « gris du Gabon » est l’un des oiseaux les plus prisés sur le marché mondial des animaux domestiques exotiques. Actuellement, seul le Cameroun possède l’autorisation d’exporter un quota de 3 000 animaux par an. La République Démocratique du Congo (RDC) détenait elle aussi une autorisation pour un quota de 5 000 perroquets par an mais celui-ci a été annulé en janvier dernier car il était régulièrement dépassé et donnait lieu à trop de corruption.
 

Malgré ces quotas imposés, on estime que depuis 1975 plus de 1,3 millions de Psittacus erithacus ont été capturés dans la nature et exportés dans le monde. Sachant que le taux de mortalité dans la phase précédent l’export est de 70 % à 90 %, imaginez l’impact de ce commerce sur la population de cet oiseau sauvage et le nombre réel d’oiseaux « prélevés ». Rien qu’au Cameroun, 21 % de la population est capturée chaque année pour être vendue.
La raison de ce commerce florissant est malheureusement simple : le perroquet gris du Gabon, Psittacus erithacus, est connu pour être un excellent oiseau de compagnie. Particulièrement intelligent, ses capacités intellectuelles sont comparables à celle d’un enfant de 5 à 6 ans. Très affectueux, calme et possédant la capacité d’imiter la voix humaine, le perroquet gris est l’un des plus élevés en captivité et des plus populaires sur le marché des animaux exotiques.

 

Durant la COP17, le commerce de ce perroquet menacé a finalement été interdit grâce à l’adoption de la proposition 19 par 95 voix contre 35. Psittacus erithacus passe donc de l’annexe II à l’annexe I.

Le sort d’autres oiseaux décidés par la CITES lors de la COP17

La grande messe de la CITES a également étudié trois autres propositions de modification de ses annexes. Le Canada a demandé le déclassement du faucon pèlerin (Falco peregrinus) de l’annexe I et l’Australie a fait de même pour le méliphage casqué et le Ninoxe boubouk de l’île Norfolk.

Le faucon pèlerin est classé « préoccupation mineure » par l’UICN, il n’est donc pas considéré comme menacé. Depuis 1977, l’espèce est inscrite en annexe I de la CITES, qui en interdit toute forme de commerce. Le Canada, soutenu par le Japon, le Mexique et les Etats-Unis, demandait que l’espèce soit rétrogradée en annexe II, ce qui permettait à un commerce réglementé de se mettre en place. Cette proposition a été rejetée.

Un méliphage casqué

Un méliphage casqué

Le méliphage casqué, Melanops Lichenostomus cassidix, est un magnifique oiseau jaune et noir originaire d’Australie. Il est également considéré comme une préoccupation mineure par l’Union Internationale pour la conservation de la nature. Pourtant, la taille de sa population est critique : le méliphage casqué n’est présent que dans deux parcs nationaux du sud de l’Australie et sa population est estimée à moins de 100 individus matures. Inscrit sur l’annexe I de la CITES depuis 1975, l’Australie a demandé son passage en annexe II lors de la COP17. La décision n’est actuellement pas encore connue.

Enfin, le comité a accepté le transfert de l’espèce Ninox novaeseelandiae undulata en annexe II. En fait, la sous-espèce de ninoxe boubouk occupait autrefois l’île Norfolk, un territoire australien situé à 1 412 km à l’est de l’Australie continentale et au nord-ouest de la Nouvelle-Zélande. Mais à présent, la sous-espèce génétiquement pure est considérée comme éteinte, la dernière femelle étant décédée en 1996. Il n’existe donc plus qu’une population hybride.

Cécile Arnoud-Especes-menacees.fr

Jaco : Photo : Luc Haettel

Jaco : Photo : Luc Haettel

Publié dans Animaux

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