« L’écotaxe enterrée » : il y a des alternatives aux camions

Publié le par Jean-Louis Schmitt

Point de vue-Par le Dr Thierry Reeb, cardiologue, membre de Strasbourgrespire

« L’écotaxe enterrée » : il y a des alternatives aux camions

« C’est avec tristesse que j’ai lu l’article sur l’écotaxe (voir ici l'article des DNA du 19 novembre). Non que j’aime les taxes mais clairement nos responsables politiques et syndicaux n’ont pas pris la mesure de la gravité de la situation écologique que nous sommes en train de vivre.

« Quel autre mode de transport pourra remplacer les camions qui apportent des produits frais au supermarché ? » Pour M. Michel Chalot (ndlr : président de la Fédération nationale des transports routiers Alsace), cela ne peut-être que les poids lourds. C’est vraiment manquer d’imagination et n’avoir aucune notion des risques représentés par ce type de transport pour la santé publique et les transporteurs eux-mêmes.

La pollution atmosphérique est le deuxième facteur de risque cardio-vasculaire dans le monde. Les chauffeurs routiers ont une surmortalité et surmorbidité cardio-vasculaire très importante, pour une grande part liée à l’inhalation permanente des microparticules émises par le diesel.

Alors oui il existe des alternatives et très simples. Mettons tous les poids lourds qui ont plus de 200 km à parcourir sur les trains. Ne faisons pas rentrer dans les métropoles les 40 tonnes mais organisons à leurs périphéries des gares marchandes. Le centre et l’hypercentre ne seront desservis que par des véhicules non polluants (tram, bus électrique, péniche électrique…)

M. Chalot estime que 4 centimes de plus sur le litre de gazole sont suffisants alors que la France est en dessous de la moyenne européenne avec par exemple un prix de 1,32 € en Italie. Ces prix faibles ne dissuadent malheureusement pas nos concitoyens ni d’acheter des véhicules au diesel (...) et n’incitent pas les constructeurs à évoluer dans leurs offres.

M. Chalot s’inquiète pour les entreprises françaises fragilisées. Mais la réalité est que ces entreprises n’ont pas été fragilisées par une écotaxe mais par un marché européen où les normes ne sont pas les mêmes et qui les fera disparaître progressivement dans les 20 ans.

Nous avons ainsi le choix pour le futur entre des entreprises de transports étrangères détaxées qui circuleront sur notre territoire (dont le GCO) et une organisation plus écologique du transport qui nécessitera un vrai courage politique. »

DNA-26/11/2016

 

Publié dans Environnement

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