L’accueil des réfugiés à la mode bretonne

Publié le par Jean-Louis Schmitt

A Trégastel et Trébeurden, on se bouscule pour rencontrer les demandeurs d’asile et partager un moment, le temps d’un cours de français ou d’une tasse de café.

 

Un clic sur le site « Les gens heureux que Trégastel et Trébeurden accueillent des réfugiés » vous apprend que les cours de français ont débuté ; que le covoiturage pour le fest-noz « s’organise gentiment » ; quant à la collecte de couvertures, elle est lancée. En quelques minutes de navigation, on a tous les éléments pour participer à l’accueil des réfugiés, arrivés fin octobre dans ces deux communes des Côtes-d’Armor : Trégastel, 2 425 habitants, et Trébeurden, 3 627. En coulisses, Laurence et Stéphanie, qui ne voulaient pas rester les deux pieds dans le même sabot. « J’ai eu un mouvement d’humeur, explique Stéphanie, après qu’une personne a fait paraître une tribune dans laquelle elle se scandalisait de l’arrivée des migrants. » Pour les deux amies, il n’était pas question de remplacer les structures existantes – État, Coallia (l’association qui gère l’accueil), communes, associations de solidarité – mais plutôt de créer « un outil pour se coordonner » et faire savoir que la population était « en majorité, favorable à l’accueil des réfugiés pendant l’hiver ».

« Les gens étaient inquiets »

Les gens avaient besoin d’être informés, alors il y a un mois, on a fait une réunion, un soir. 150 personnes sont venues, c’est énorme. Elles avaient des inquiétudes. Stéphanie

Combien de personnes allaient venir ? Pour combien de temps ? La population a appris qu’une trentaine de réfugiés serait accueillie dans chaque ville, jusqu’à fin février. « Ensuite, on a écouté les propositions des gens. Un mois plus tard, 800  personnes s’étaient fait enregistrer dans les mairies pour apporter leur aide. » Une équipe de 60  traducteurs volontaires a été mobilisée pour assister les demandeurs d’asile. Elle compte 15 arabophones, ce qui aidera les Soudanais et les Somaliens, et un locuteur de pashtoun (certains Afghans s’expriment dans cette langue).

Mathieu récupère les invendus des boulangeries et d’une grande surface, mais il y a trop de pain. Il va falloir qu’on calme. Invité sur France 3, le maire de Trégastel a dit que le problème vient des gens volontaires. Il y en a trop ! Stéphanie

Une boutade qui n’empêche pas le collectif de poursuivre sur sa lancée, en créant par exemple le parrainage républicain, qui consiste à accompagner chaque demandeur d’asile d’un duo – un élu et un citoyen – pour le soutenir dans ses démarches administratives et lui apporter une présence réconfortante.

https://www.facebook.com/groups/lesgensheureux/

Nicole Gellot 28 novembre 2016. Source : L’Âge de Faire n°114

Publié dans Initiative

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karin 08/12/2016 22:35

Bonjour,

je réponds à Denis que je ne connais guère.
Il a eu la chance de devenir enseignant, moi-même étant né d'un père apatride né en Lituanie (une fois allemande, une fois russe, une fois polonaise)
j'ai été froidement repoussée lors de l'oral d'admission à ce que l'on appelait alors Ecole Normale. J'entrai ainsi à 15 ans en plein dans la vrai vie, un peu comme ces milliers de réfugiés éternellement repoussés, bon j'ai quand pu devenir toubib et mon père a reçu sa nationalité française ( alors qu'il était marié depuis 10 ans à une française) la veille de la guère d'Algérie ( un potentiel soldat de plus ).
Foutu pays, j'ai appris à mes 4 enfants de baisser la tête chaque fois que l'on chante La Marseillaise, de refuser de la réciter au maitre ( ce qui n'a jamais posé de problème ) " qu'un sang impur abreuve nos sillons " quand serons-nous assez civilisés pour modifier ces paroles !

Denis 07/12/2016 18:11

Décidément les Français sont de plus en plus gentils.
Ils se mettent à 2 pour aider 1 étranger.
Razziant dans un rayon de 20 km tout surplus alimentaire au point d'en avoir de trop.
Que reste-t-il pour ceux qui non officiellement "encartés" et momentanément dans le besoin ne trouvent plus rien à grappiller ?
Il est loin le temps où franchissant la ligne bleue des Vosges on me traitait régulièrement de sale "boche" dans la cour de l'école ...
Et pourtant je ne portais alors aucun signe extérieur d'identification.
Ni moi ni mes parents n'avions de revendication particulière, ni alimentaire, ni vestimentaire, ni religieuse.
Le statut de "primo-arrivant" qui aurait adouci mon chemin vers l'ascenseur social n'existait pas en ce temps-là.
Une fois devenu enseignant mon administration m'a demandé, histoire de ne pas faire de vagues, de me laisser insulter, moi qui n'ai jamais insulté personne, et surtout pas mes enseignants, d'accepter l'inacceptable de la part d'enfants venus d'ailleurs soutenus par leurs familles.
A qui on aura oublié de préciser que l'éducation n'était pas une chose heurtant leurs us et coutumes mais un cadeau inestimable.
Que l'école n'était pas un défouloir, ni le réceptacle de toutes les sales manies
En même temps on m'intimait l'ordre deux fois l'an de beugler un hymne aux paroles d'un autre temps…
M'explique qui pourra !