Ils veulent la peau du loup qui sévit entre Piège et Razès

Publié le par Jean-Louis Schmitt

Debout avant l'aube et motivés… Ils étaient venus pour une battue aux loups, ils sont finalement allés chasser le sanglier. «La chasse au loup n'est pas autorisée, c'est une espèce protégée», avait rappelé le préfet. 

Chasseurs et agriculteurs demandent des moyens au préfet. Photo : DDM-Gladys Kichkoff

Chasseurs et agriculteurs demandent des moyens au préfet. Photo : DDM-Gladys Kichkoff

Ce qu'agriculteurs et chasseurs voulaient, c'était être entendus. «Nous l'avons été, il n'y a qu'à voir la réaction des anti-loups», s'exclame Serge Vialette, président de la FDSEA. «Nous ne voulons pas être dans l'illégalité. La République a parlé, nous nous exécutons».

Autour de lui, en ce samedi matin, près de Gaja-la-Selve, ils sont venus nombreux – chasseurs et agriculteurs — à l'appel de leur fédération. «Notre objectif, c'est le loup, et comme d'après le préfet, il ne s'agit pas d'un vrai loup mais d'un loup hybride, nous sommes à la recherche d'indices pour le prouver. Nous insistons auprès du préfet, nous voulons les moyens nécessaires pour le prouver».

Pour le président de la FDSEA, c'est une question de survie. «En Lauragais, nous avons le blé dur en bas, céréales et bovins en montant et, après, ce sont les moutons. S'il n'y en a plus, alors nous n'aurons plus rien. Nous tenons à cet élevage, il doit rester. Or, avec le loup, il subit des pertes considérables. Nous sommes remboursés des dégâts, oui, mais pas de ceux, indirects, causés par le loup tels que les avortements. Si le loup reste, c'est l'élevage ovin qui disparaît dans la Piège, et c'est inacceptable».

«Si c'est un loup hybride -et son comportement le montre- nous n'avons pas besoin d'autorisation pour tirer, ce n'est pas une espèce protégée. Nous sommes respectueux du règlement mais j'invite les pro-loups à venir voir les brebis égorgées», relève Yves Bastié, président de la Fédération de chasse.

«On parle du tir de défense qu'ont quelques éleveurs. Il n'attaque que la nuit. Quand un éleveur aura passé trois nuits dehors, comment pourra-t-il aller travailler le quatrième jour ?», interroge Philippe Vergnes, président de la chambre d'agriculture, venu soutenir le groupe, tout comme Jacques Serres, président de la section des anciens exploitants.

«Il est inadmissible de laisser divaguer ce loup. Il y a un choix à faire. Soit on a le loup, soit on a des élevages avec ce que cela implique en termes de biodiversité. Ce mitage, céréales et élevages, c'est ce qui nous a valu le classement en zone Natura 2000», souligne Didier Jeannet. Quant à savoir s'il n'y a qu'un loup… «Qu'on nous autorise à le tuer, et si les problèmes s'arrêtent, on saura qu'il est seul».

La Dépêche du Midi-Gladys Kichkoff (21 novembre 2016)

Publié dans Chasse

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