Grippe aviaire : des conditions assouplies pour les chasseurs

Publié le par Jean-Louis Schmitt

Depuis jeudi, le confinement des volatiles est imposé dans 90 communes du Nord - Pas-de-Calais pour éviter la propagation de la grippe aviaire. Au final, les chasseurs pourront utiliser des appeaux vivants… sous conditions.

Au final, les chasseurs pourront utiliser des appeaux vivants… sous conditions. Photo :  Johan Ben Azzouz

Au final, les chasseurs pourront utiliser des appeaux vivants… sous conditions. Photo : Johan Ben Azzouz

Ne pas utiliser d’appelants, c’est-à-dire de volatiles destinés à « appeler » leurs congénères sauvages (1), c’est un peu comme si on leur annonçait la fin de la chasse à la hutte : «  Ça râle beaucoup  », expliquait un chasseur ce week-end. Finalement, les deux préfectures ont décidé que l’utilisation d’appeaux vivants, si ceux-ci se trouvaient déjà dans les 90 communes à risque élevé avant la décision ministérielle de jeudi, était autorisée.

 «  Il faut simplement qu’ils restent confinés en dehors du moment de la chasse  », expliquait-on mardi à la préfecture du Pas-de-Calais. Qui ajoute que les appelants peuvent être aussi transportés dans le département vers des zones à risque. Pour Thierry Forestier, de la Fédération des chasseurs du Pas-du-Calais, cet assouplissement change tout : «  Si on peut sortir les appelants, on peut chasser ! Et puis, si nous voyons des morts suspectes, nous seront les premiers à donner l’alerte comme en 2006 lors de la grippe H5N1.  »

« C’est excessif »

Côté éleveurs, en revanche, les directives n’ont pas changé pour les 90 exploitants de la région en zone à risque : les volailles doivent rester confinées ou sous filet. «  Les éleveurs labellisés se posent des questions par rapport à l’enfermement des poules, explique Xavier Gareneaux, responsable de la section avicole de la FDSEA pour le Pas-de-Calais. On leur a dit qu’ils pouvaient faire une demande de dérogation.  »

Pas de changement non plus pour les éleveurs de gibier qui doivent confiner leurs faisans et perdrix avec tout transport interdit : «  C’est excessif, s’insurge Jacques-Antoine Dubreucq, président régional des producteurs de gibier de chasse. On a forcément des clients dans ces 90 communes ! Il va falloir trouver des solutions.  »

(1) Ces mesures visent à empêcher tout contact avec les oiseaux migrateurs susceptibles de traverser ces zones et d’être porteurs du virus H5N8.

LA VOIX DU NORD-Sophie Filippi-Paoli  22/11/2016

 

Publié dans Chasse

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Jean-Louis 23/11/2016 07:57

Formidable !!! Une fois de plus : deux poids, deux mesures !!!
Là où un quidam "ordinaire" se doit de confiner sa volaille, sa modeste basse-cour... le chasseur, lui, n'est pas concerné !
Normal : armé de fusil, ne veille-t-il pas sur la nature ?