Des cartes postales 100 % naturelles

Publié le par Jean-Louis Schmitt

Sa passion pour la photographie a amené Frédéric Engel vers l’édition de cartes postales, uniques en leur genre. Elles sont à 100 % en papier recyclé, à encres végétales et illustrées par des artistes. De quoi les remettre au goût du jour et leur donner une nouvelle vie. Un créneau porteur depuis dix ans.

Frédéric Engel a réussi en dix ans à redonner ses lettres de noblesse à la carte postale.

Frédéric Engel a réussi en dix ans à redonner ses lettres de noblesse à la carte postale.

Sa première collection de cartes postales comprenait 36 visuels. Dix ans plus tard, ce sont près de 600 photos différentes sur papier carton qui fleurissent sur les présentoirs de Frédéric Engel. Au début, il y a l’œil exercé du photographe, amoureux de la nature. Donc, c’est tout naturellement, que ce dernier a utilisé ses photos pour en faire des cartes postales. Son thème de prédilection : les Vosges du Nord où il s’est établi, à Eschbourg précisément. Dans son objectif : les paysages, les animaux, les fleurs.

« À l’époque, personne n’y croyait »

Sa sensibilité à l’environnement le pousse à faire un choix audacieux en créant sa maison d’édition, « L’Arbre à papillons », et à utiliser du papier entièrement recyclé ainsi que des encres végétalisées. D’après lui, il serait le seul dans l’Hexagone à travailler de la sorte. « À l’époque, en 2006, personne n’y croyait. Je démarchais les points de vente avec ma petite valise et mes 36 visuels. Je me souviens d’une journée à Besançon où j’avais fait chou blanc. J’avais dormi à l’hôtel et, le lendemain, j’ai remis ça et j’ai décroché un contrat avec le plus gros point de vente de la ville. Puis tout s’est enchaîné de façon positive », raconte Frédéric Engel qui, désormais, présente ses cartes à l’aide d’un catalogue.

« Le papier à 100 % recyclé que j’utilise, c’est du papier qui a été nettoyé de ses déchets, malaxé, retraité. L’encre végétale est fabriquée à base de plantes et d’huiles recyclables. Je voulais être le plus écolo possible ! » commente-t-il avec le sourire. Ce choix de technique de fabrication a nécessité de longues et difficiles mises au point. « Se posait le problème de restitution des couleurs, d’absorption des encres et d’impression. Et il a fallu convaincre les revendeurs. »

Une dizaine d’artistes sous contrat

Aujourd’hui, le rendu de ses cartes postales est très abouti. Frédéric Engel a su leur redonner leurs lettres de noblesse en en faisant de véritables petites œuvres d’art. D’ailleurs le photographe éditeur n’hésite pas à s’entourer d’artistes dont il photographie les tableaux et dessins pour les reproduire sur ses cartes. « C’est un vrai travail entre l’éditeur et l’auteur. Il me faut à peu près un an pour imaginer et finaliser une collection. Le but est de garder le style de l’artiste et d’adapter les contraintes techniques. »

Une dizaine d’artistes sont actuellement sous contrat avec la maison d’édition de Frédéric Engel. Monique Meyer, d’Ottrot, utilise la technique ancienne de la peinture sur verre églomisé. Elle peint à l’envers et ajoute des feuilles d’or et d’argent. Ses thèmes, l’Alsace et la nature, sont du plus bel effet. Les aquarelles de Francine Bosment-Lanciot, peintre à Nancy, se prêtent bien également à ce genre de support.

Parmi les dernières recrues, Marion Muller, de la région de Colmar. Âgée de 23 ans, cette infographiste mélange le dessin et l’informatique pour des cartes à thèmes pour les enfants, notamment les anniversaires. Et, toute dernière arrivée, la Strasbourgeoise Elsa Speckel, dont le genre est humoristique, façon bande dessinée. Et d’annoncer déjà la prochaine collection de cartes qui seront réalisées par une illustratrice jeunesse japonaise qui vient de s’installer dans les Vosges du Nord, Mizuho Fujisawa. De belles surprises en perspective.

Photographe indépendant

Le parcours de Frédéric Engel est comme ses cartes : atypique. Après des études de droit et d’assurances, il devient gestionnaire de sinistre, « avant de devenir un sinistre gestionnaire », lance-t-il avec humour. Après cinq années dans ce domaine, il renoue avec la passion qu’il a héritée de son père, la photo qu’il pratique depuis l’âge de 14 ans. À 25 ans, il embrasse la carrière d’assistant photographe et d’iconographe. Il perfectionne ainsi son rapport à l’image et sa capacité à choisir les bons visuels.

En 1996, il s’installe à son compte comme photographe indépendant et travaille notamment pour la maison de l’archéologie à Niederbronn-les-Bains. En 2006, il crée sa maison d’éditions de cartes postales, « L’Arbre à papillons », un nom trouvé par son épouse Marie-Hélène, « car les cartes sont comme les papillons, elles vont d’un endroit à l’autre. » Puis en 2003, il décide d’ouvrir son magasin pour vendre en direct ses cartes. Il mène cette nouvelle aventure avec sa compagne Marie-Hélène Engel, libraire de métier.

De la carte à la librairie

Le couple conjugue ainsi compétences et passions. Lui pour les cartes postales, elle pour les livres, dans leur librairie-carterie-papeterie. Un « mariage » qui s’impose comme une évidence. « Les gens qui écrivent (des cartes, ndlr ) aiment lire et vice-versa. De plus Phalsbourg est une ville ouverte sur la culture avec son festival de théâtre, sa médiathèque, son cinéma », analyse Maire-Hélène dont les conseils de libraire sont appréciés par les clients.

« Le marché de la carte postale se porte de mieux en mieux. Les gens se remettent à écrire, ou encore les collectionnent », constate avec plaisir le quadragénaire. Dans le cocon de leur petite librairie, Frédéric et Marie-Hélène Engel ont des projets plein la tête. De nouvelles collections de cartes, des rencontres avec des auteurs, toujours à l’écoute de ceux qui viennent « se poser sur leur arbre à papillons ».

Boutique 20 place d’Armes Phalsbourg. Ouvert le lundi de 14 h à 18 h, du mardi au samedi de 9 h à 12 h et de 13 h 30 à 18 h. Contact : au 06 11 57 23 69.

DNA-Simone Giedinger (08/11/2016)

 

 

Sur papier recyclé avec des encres végétales 

Des collections originales à partir d’œuvres d’artistes, fabrication 100 % naturelle.

Des collections originales à partir d’œuvres d’artistes, fabrication 100 % naturelle.

Son œil de photographe avisé et d’amoureux de la nature l’a poussé à se lancer dans la création de cartes postales originales. Imprimées sur du papier recyclé à 100 %, avec des encres végétales, elles seraient les seules dans l’Hexagone à bénéficier de ce processus de fabrication naturel. « Quand je les ai créées il y a dix ans, personne n’y croyait ! » se souvient Frédéric Engel. Aujourd’hui, elles cartonnent ! Les cartes « bio » de Frédéric Engel sont illustrées par ses photos ou par des clichés qu’il prend des peintures, aquarelles, dessins des artistes sous contrat avec lui.

Originaire de Colmar et habitant dans les Vosges du Nord, Frédéric Engel diffuse ses cartes non seulement chez des revendeurs mais dans sa propre boutique à Phalsbourg, depuis 2013, une carterie-librairie qu’il gère avec sa femme Marie-Hélène, libraire de métier. « Les gens qui écrivent des cartes aiment lire, et vice versa », soulignent-ils. Le nom de leur « bébé » : « L’arbre à papillons », qui désigne leur boutique où l’on a envie de se poser, mais aussi leur maison d’édition.

L’arbre à Papillons-20, place d’Armes à Phalsbourg.

S.G. (09/11/2016)

 

Publié dans Initiative

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