Bernard Irrmann, un goût nature

Publié le par Jean-Louis Schmitt

Il ne dissocie pas les thèmes de la ville et de la nature. Au contraire, Bernard Irrmann en fait le cœur d’un travail photographique mené à l’écart des réseaux de l’art contemporain. Il publie ses images nées de ses pérégrinations strasbourgeoises.

Le canal de la Marne au Rhin. (© Bernard Irrmann)

Le canal de la Marne au Rhin. (© Bernard Irrmann)

À sa façon, il apprécie un certain pittoresque. Qu’il définit ainsi : « Des ambiances qui vous emportent ailleurs ». Mais contrairement à d’autres, Bernard Irrmann demeure convaincu que cet « ailleurs » peut se trouver à deux pas de chez soi. Et pour qui sait prendre le temps de regarder, la ville n’exclut en rien une vie sauvage.

« C’est une illusion de croire que tout est cadré, contrôlé, dans une ville. On peut avoir le sentiment d’être en Amazonie en été ou en Sibérie en hiver rien qu’à Strasbourg ou dans un rayon de moins de dix kilomètres autour de la cathédrale », dit-il, sourire en coin, évoquant une ville où fêtards et renards peuvent se croiser sur les boulevards au petit matin.

De cette capacité de la nature à investir nos cités ultramodernes, il en donne la preuve, en quelque 150 images, avec son troisième ouvrage : "Strasbourg/Signé nature".

À la formule de l’exposition, Bernard Irrmann préfère celle du livre. « J’aime cette intimité du regard qu’il induit, la possibilité d’y revenir quand l’envie vous prend plutôt que la déambulation dans un espace public avec ses contraintes», remarque-t-il.

D’une première expérience avec un éditeur, le photographe a aussi préféré opter pour l’autoédition : « Une façon d’assumer mes choix, de produire le livre dont j’ai envie d’avoir».

De fait, le livre en question est un très bel objet, imprimé à 2 100 exemplaires. Un pied dans la photographie documentaire, l’autre dans le regard décalé, Bernard Irrmann offre une vision inattendue de la capitale alsacienne. Familière et pourtant étrange. Les saisons, brumes et lumières y défilent en une infinie variété. Ses habitants y sont des grèbes huppés évoluant au pied des Ponts Couverts, des cormorans passant fièrement du côté du quai Fustel de Coulanges ou des chevreuils surpris dans leur jeu à la Robertsau. Sur une digue du Rhin, un jour de neige au soleil pâle, un promeneur et son chien semblent traverser le Grand Nord.

Loin des approches purement plasticiennes de la photographie, Bernard Irrmann s’émerveille de l’embrasement orangé d’une ligne d’horizon quand se couche le soleil. Ou du spectacle d’un épervier se délectant de sa proie dans son jardin. Un travail qui n’a que l’ambition de partager quelques instants d’émotion nés de la beauté d’une ville quand l’enlace la nature.

Strasbourg signé nature , 175 pages, 32 €. Dans les librairies de Strasbourg ou sur internet : www.bernardirrmann.com

DNA-Serge Hartmann (05/11/2016

Le chat d’Alain Séchas. (© Bernard Irrmann)

Le chat d’Alain Séchas. (© Bernard Irrmann)

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