Accidents mortels au cours de battues dans l'Ariège et le Tarn-et-Garonne

Publié le par Jean-Louis Schmitt

Les battues sont encadrées par un dispositif de sécurité qui passe par le port de vêtements fluorescents. Photo DDM

Les battues sont encadrées par un dispositif de sécurité qui passe par le port de vêtements fluorescents. Photo DDM

Chaque année, au moment de battues au gros gibier, on observe une hausse du nombre d'accidents. Samedi, un chasseur a été tué en Ariège ; hier, un autre dans le Tarn-et-Garonne.

Terrible loi des séries qui resurgit chaque année avec son lot de tragédies à l'heure où les battues se multiplient aux quatre coins des départements. Hier, dans le Tarn-et-Garonne, un chasseur de 68 ans a été mortellement blessé à la tête alors qu'il participait à une battue au lièvre. Les faits se sont produits vers 8 h 30, à Génébrières, près de Montauban. L'homme se trouvait seul à son poste au moment du drame, assis sur le siège avant de sa voiture stationnée en bordure de route. Le coup est parti soudainement, lié peut-être à un mouvement brusque du chasseur. Hier, les techniciens de l'identification criminelle de la gendarmerie de Montauban étaient sur place pour éclaircir les circonstances dans lesquelles était intervenu ce coup mortel.

Balle par ricochet

La veille, à Illartein (09), un chasseur de 38 ans est décédé, après avoir été atteint d'une balle en pleine tête. L'auteur présumé de ce coup de feu, très choqué par ce drame, a été entendu par la gendarmerie de Saint-Girons dans le cadre d'une enquête pour homicide involontaire. Hier, il se trouvait toujours en garde à vue. Selon le parquet de Foix, le tir mortel s'est produit alors que la chasse était terminée. «Les chasseurs s'employaient à récupérer leurs chiens. L'auteur du tir avait gardé son arme chargée. Il a tiré, pensant avoir repéré un sanglier dans l'épaisseur de la forêt, sans réaliser que son collègue se trouvait dans l'axe du fusil, en contrebas», indiquait hier Karline Bouisset, procureur.

Déjà le 6 novembre, en Dordogne, un chasseur de 26 ans trouvait la mort, atteint en plein thorax lors d'une battue sur la commune de Campsegret.

Comme le précise par ailleurs Serge Castéran, président de la fédération des chasseurs Midi-Pyrénées, les chasseurs sont les premières victimes de ces accidents. En cause le plus souvent, une balle qui dévie de sa trajectoire et qui, malgré le respect des angles de sécurité, rebondit sur un arbre, un caillou…

En septembre, un chasseur de Lamaguère (32) âgé de 77 ans répondait d'homicide involontaire devant le tribunal d'Auch pour avoir tué son ami d'enfance, chasseur comme lui. Une balle tirée en direction d'un sanglier, avait ricoché avant d'atteindre l'artère fémorale de la victime. Ces accidents sont l'occasion de rappeler que, dans les schémas départementaux de gestion cynégétique, la loi fait obligation d'intégrer les mesures de sécurité pour la chasse en général. Des dispositions qui sont opposables à tous les chasseurs.


Serge Castéran, président de la Fédération régionale des chasseurs

«Et pourtant, des accidents en baisse...»

Ces accidents surviennent lors des battues au gros gibier ?

Ces battues ont lieu début septembre jusqu'au 28 février. Est concerné le gros gibier : chevreuil, sanglier et cervidés en montagne. Ces chasses sont programmées tous les week-ends, sont programmées des chasses. Dans le département du Gers, on comptabilise 10 000 battues par an.

Malgré tout, le nombre d'accidents diminue ?

Il est trop tôt pour revenir sur les circonstances de ces accidents. Des enquêtes sont en cours. Mais il est sûr que leur nombre a baissé. En France, l'an passé, on a comptabilisé 14 décès, 2 de moins qu'en 2014. On est sur une diminution constante depuis des années, grâce à la formation dispensée par les fédérations. Toute faute à l'examen pratique concernant la sécurité est éliminatoire.

Les chasseurs sont les premières victimes ?

Oui, il s'agit dans la majorité des cas d «auto accidents», très souvent liés à des balles qui ont ricoché.

Le chiffre : 1 0 000 battues par an. Dans le Gers. Le chiffre est impressionnant mais est tout à fait officiel puisqu'il émane de Serge Castéran, le président de la fédération Midi-Pyrénées. Dans le Gers, 10 000 battues sont organisées chaque année, et encore s'agit-il d'une évaluation à minima. Du renard au lièvre en passant par le gros gibier : sanglier, chevreuil et cervidés en général.

La Dépêche du Midi - J.-M.D. (14 novembre 2016)

 

Un chasseur de 68 ans tué par son propre fusil

Une homme âgé de 68 ans est mort, hier matin, en chassant à Génébrières./Photo DDM, Manu Massip.

Une homme âgé de 68 ans est mort, hier matin, en chassant à Génébrières./Photo DDM, Manu Massip.

Un homme de 68 ans est mort, hier matin , après avoir été touché à la tête d'un tir de son propre fusil, lors d'une chasse au lièvre, à Génébrières. L'hypothèse d'un accident est privilégiée.

Terrible accident de chasse, hier matin, à Génébrières. Vers 8 h 30, Laurent Brajon, âgé de 68 ans a trouvé la mort au bord du chemin communal VC 10 de Peyrepis. Le plâtrier à la retraite, domicilié à Nègrepelisse mais originaire de Génébrières a été atteint en pleine tête par une décharge de son propre fusil de chasse.

Le sexagénaire prenait part à une chasse au lièvre avec deux autres hommes. Après avoir garé la voiture à l'entrée d'un champ, il aurait voulu descendre de la voiture avec son fusil afin de tenir son poste et d'attendre le passage du lièvre. C'est là que se serait produit l'enchaînement dramatique : le fusil était chargé et le coup est parti. A-t-il commis un mouvement intempestif ? Y a-t-il eu une mauvaise manipulation de l'arme ? Toujours est-il que la décharge n'a laissé aucune chance au chasseur. Ses deux compagnons de chasse qui n'ont pas vu la scène ont entendu la détonation et ont aussitôt accouru. Les secours n'ont rien pu faire pour le sexagénaire, mortellement touché à la tête.

Hier matin, les gendarmes et les techniciens de l'identification criminelle de la compagnie de gendarmerie de Montauban ont mené leurs premières investigations sur les lieux. La maire de la commune Catherine Darrigan s'est rendue sur place.

Une enquête est ouverte pour déterminer les circonstances exactes du drame. Très choquées, les deux personnes qui chassaient avec la victime ont été entendues dans la journée. Si le caractère accidentel est privilégié, une autopsie sera réalisée à la demande du parquet de Montauban. Le suicide est une possibilité que n'écartent pas non plus les enquêteurs.

Sa dernière saison

À Génébrières, l'émotion était forte en apprenant, hier, la mort du chasseur. Jeunes, moins jeunes, tout le monde dans le village connaissait Laurent Brajon, ancien artisan et frère de l'ancien maire de la commune. «Il disait que c'était sa dernière saison de chasse. Il était diminué physiquement. Mais il aimait la nature et la chasse» a glissé un proche de longue date.

Le président de l'association de chasse de Génébrières a apporté son concours au travail des enquêteurs. Selon Thierry Cabanne, président de la fédération des chasseurs de Tarn-et-Garonne, il s'agit d'un type d'accident «très rare, contre lequel il est très difficile de prévoir quelque chose. En revanche, la fédération met tout en œuvre pour prévenir les accidents lors des battues collectives, en faisant notamment respecter les règles. »

La Dépêche du Midi - Thierry Dupuy (14 novembre 2016)

La chasse était finie quand le coup de feu a retenti…

Le coup de feu a été tiré dans la forêt : «Le chasseur a cru voir un sanglier, il a raté son tir. Il ne s'était pas rendu compte que son collègue se trouvait là, dans l'axe de tir», explique le parquet de Foix. / Photo DDM, illustration.

Le coup de feu a été tiré dans la forêt : «Le chasseur a cru voir un sanglier, il a raté son tir. Il ne s'était pas rendu compte que son collègue se trouvait là, dans l'axe de tir», explique le parquet de Foix. / Photo DDM, illustration.

Les circonstances du drame qui a coûté la vie à Cédric Tougne, 38 ans, lors d'une battue aux sangliers dans la forêt d'Illartein, samedi, se précisent. Le tir a eu lieu alors que la chasse était terminée et que les chasseurs récupéraient leurs chiens.

Samedi, en début d'après-midi, la battue aux sangliers qui a rassemblé une vingtaine de chasseurs dans la forêt d'Illartein se termine. Les chasseurs s'emploient alors à «récupérer leurs chiens, poursuit Karline Bouisset, procureur de la République. Mais certains gardent leurs fusils chargés». L'un d'eux, soudain, perçoit la présence d'un sanglier dans la forêt. Il ouvre le feu dans l'épaisseur du bois, sans se rendre compte que «son collègue se trouve dans l'axe de tir», complète le magistrat. La balle est mortelle. Cédric Tougne, 38 ans, l'un des participants, s'effondre. Touché à la tête.

Hier, la garde à vue de l'auteur du coup de feu, âgé de 56 ans, a été prolongée. Elle doit se terminer ce lundi et débouchera sur l'ouverture d'une information judiciaire pour «homicide involontaire». La thèse de l'accident, en effet, est la seule qui soit envisagée par les enquêteurs : «il n'existait aucune animosité entre les deux chasseurs», précise le procureur de la République, Karline Bouisset. Le magistrat souligne encore que la battue, avant le drame, avait été organisée selon les règles et que le chasseur à l'origine du coup de feu, extrêmement choqué par le drame, n'a «aucun antécédent» et jouit d'une bonne réputation dans le milieu de la chasse. Hier, les auditions des participants à cette battue se sont poursuivies dans les locaux de la gendarmerie de Saint-Girons, afin de préciser encore les circonstances de ce drame.

Des règles très précises

Les règles d'une action de chasse, notamment lors d'une battue aux sangliers, sont drastiques. Elles encadrent avec précision tous les comportements à observer avant, pendant et après la battue, pour écarter tout risque d'accident. Parmi elles figure l'obligation de décharger son arme dès la fin de la battue.

La Dépêche du Midi - L.G. (14 novembre 2016)

Publié dans Chasse

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J. P. 16/11/2016 18:56

Un sanglier participait à une battue quand un cerf coiffé, assis à côté de lui , voulant décharger son arme fut bousculé par un lièvre . Le coup tua net un chasseur qui passait par là, l'auteur est activement recherché .