Food Coop

Publié le par Jean-Louis Schmitt

En pleine crise économique, dans l’ombre de Wall Street, une institution qui représente une autre tradition américaine est en pleine croissance. C’est la coopérative alimentaire de Park Slope, un supermarché autogéré où 16 000 membres travaillent 3 heures par mois pour avoir le droit d’y acheter les meilleurs produits alimentaires dans la ville de New York aux prix on ne peut moins chers.

Food Coop

Depuis 1973, la Park Slope Food Coop, coopérative alimentaire autogérée, lutte contre la malbouffe et l’exclusion sociale. Formidable alternative économique à la grande distribution, ce supermarché est administré par des bénévoles, qui exercent tous un autre métier.

Le film se présente comme une déambulation curieuse et bienveillante à travers les méandres de ce magasin unique en son genre, sans PDG, sans actionnaires. Le réalisateur débute son investigation en demandant le métier de chacun : tour à tour une psychanalyste, un graphiste ou deux jeunes réalisateurs répondent, avec le sourire. Les uns sont à la caisse, d’autres réceptionnent les marchandises, passent la serpillière, rangent les produits dans les rayons.

La Food Coop permet à ceux qui y travaillent de s’approvisionner pour un moindre coût, moyennant un engagement de quelques heures par semaine. Provisions étalées sur sa table de cuisine, une femme calcule qu’elle réalise 40% d’économie par rapport aux dépenses de courses dans un magasin traditionnel. Au-delà d’un nouveau système économique, à deux pas de Wall Street, le supermarché offre du lien social en pleine période de crise économique. Il permet également de responsabiliser tous ceux qui y travaillent : ainsi, les personnes qui ne peuvent assurer un service ont le devoir d’effectuer deux rattrapages. En attendant de les accomplir, ils disposent d’un "délai de grâce" pour faire leurs courses. Ils peuvent également échanger une tâche avec un autre travailleur qui ne peut s’en acquitter.

Très engagé, le documentaire pourfend les circuits de distribution classique qui offrent de la nourriture industrielle et des rares produits frais, de mauvaise qualité : une adhérente du mouvement Alimentation et justice, désireuse de favoriser les meilleurs systèmes de distribution, nous démontre, citron à l’appui, que les épiceries environnantes dans lesquelles s’approvisionnent les riverains, ne proposent que des aliments transformés ou frelatés, vendus à un prix élevé. La Coop, elle, donne la priorité aux producteurs locaux et aux circuits courts, parvient à renouveler ses produits, en écoulant son stock entier soixante-dix fois par an, alors que la moyenne est de quinze. Preuve de son succès.

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Denis 01/11/2016 21:29

Décidément les Américains sont forts !

En allant au marché, donc sans intermédiaires qui se payent au passage, en circuit court, en périodes de pleine production je devrais comme la dame dans l'article trouver de quoi manger à 40% en dessous des prix du supermarché.
Or je suis loin du compte !

Pourquoi ?

karin 01/11/2016 21:14

Dès leur scolarité les enfants apprennent à donner de leur temps pour cause quelconque et tous ces "odd jobs" pèseront pour leur entrée dans une Université, les connaissances et l'argent ne font pas tout, mentalité bien différente de la nôtre.

Denis 02/11/2016 18:35

Ajoutons pour compléter le tableau la frénésie quasi obsessionnelle pour ne pas dire pathologique des jeunes américains pour être "populaires" durant leur scolarité.
Beaucoup se suicident ou se droguent pour ne pas y être parvenus.
Compétition à tout prix dès le plus jeune âge (les Japonais ne sont pas mauvais non plus dans le genre où dès la maternelle on cultive des escouades de petits samouraïs courant en couche culotte sous la neige).
Les odd jobs sont des "petits boulots" autant destinés à se faire un peu d'argent de poche qu'à étoffer moralement un C.V. même si les universités font semblant d'y accorder de l'importance.
Elles se refont une "virginité morale" à peu de frais alors qu'elles n'ont que ces mots à ne bouche : DOLLAR, MONEY, BUSINESS...
Le système américain mise plus sur l'agressivité, l'efficacité à tout prix, la rentabilité que sur l'amour du prochain et la philanthropie.
Nous ne sommes pas des pays de "bisounours" mais du capitalisme pur et dur.
Si toutes ces pratiques permettaient comme semble le penser Karin d'aboutir à une Amérique plus vertueuse que notre vieille Europe cela se saurait.
Pour faire court, aux "States" c'est "chacun pour sa pomme", "marche ou crève", plutôt "moi que toi", plutôt "weeneur" que "looseur".
Si vous en doutez je vous invite à revoir sur la 5 « Le monde en face spécial États-Unis ».
Même misère, mêmes camps de toiles (moins crasseux tout de même qu'à Calais), même injustice, même exploitation à mort des plus modestes, mêmes soupes populaires que chez nous...