Le nom de la rose

Publié le par Jean-Louis Schmitt

Le nom de l’association l’Herbe folle a été donné à une rose. Le public pourra la découvrir dimanche 12 juin à l’occasion des 20e Rencontres autour des roses anciennes, organisées dans huit jardins nord alsaciens et à la salle des fêtes de Griesbach.

Cette rose « ébouriffée qui se déploie sur un cœur d’or » a été nommée l’Herbe folle, en reconnaissance du travail effectué par l’association nord alsacienne. DR

Cette rose « ébouriffée qui se déploie sur un cœur d’or » a été nommée l’Herbe folle, en reconnaissance du travail effectué par l’association nord alsacienne. DR

Comme Brigitte Bardot ou Marilyn Monroe, l’Herbe Folle a maintenant une rose à son nom. Suprême reconnaissance pour cette association qui œuvre depuis vingt ans à faire connaître les roses anciennes — des variétés rustiques obtenues avant les premières hybridations dans la seconde moitié du XIXe siècle. Cent vingt membres cultivent avec amour (mais sans pesticides !) leurs prairies fleuries en Alsace du Nord et les ouvrent régulièrement au public.

La nouvelle rose qui leur est dédiée est née de la rencontre avec André Eve, l’un des plus grands rosiéristes de France, réputé pour avoir remis au goût du jour des espèces oubliées et pour en avoir créé de nouvelles — en 1968, sa première rose s’appelait Sylvie Vartan. Tous les rosiers, ou presque, qui fleurissent dans les jardins de l’Herbe folle proviennent de son catalogue. Une référence absolue qui rassemble plus de 600 variétés.

« Il n’est plus parmi nous mais il nous a laissé une rose en souvenir de son amitié »

« Un jour, il a appelé à la maison, se souvient Martine Hetzel, la présidente de l’Herbe folle. Mon fils a décroché : “C’est André Eve”. J’ai pali. Il voulait savoir qui était l’Herbe folle et si nous savions tailler les rosiers anciens. » Pas très bien. Alors le pépiniériste a proposé un coup de main. « André Eve est venu souvent pour nous initier à la taille des rosiers, il est devenu un ami cher. »

« Quand nous avons fêté les 10 ans de l’association, au printemps 2006, nous l’avions invité. Il a passé toute la journée avec nous. Et le lendemain, lorsque nous nous sommes quittés, il nous a dit qu’il reviendrait pour nos 20 ans, avec un cadeau. » Dans ses serres de Pithiviers, entre Versailles et Orléans, il a promis de créer une rose qui porterait le nom de l’association.

Malheureusement, André Eve s’est éteint en août dernier, à l’âge de 83 ans. « Il n’est plus parmi nous mais il nous a laissé une rose en souvenir de son amitié, de sa gentillesse, de son humour », remercie Martine Hetzel. C’est son successeur au sein de la pépinière, Jérôme Rateau, qui a honoré la promesse.

L’une des 30 000 graines semées chaque année dans les serres du Loiret s’est transformée en un buisson aux fleurs « d’un rose tendre et soutenu » qui a tout de suite plu aux jardiniers de l’Herbe folle. « Ses pétales ébouriffés se déploient sur un cœur d’or. Ça lui donne un air de rose ancienne », remarque Martine Hetzel. Il s’épanouira de mai-juin à septembre-octobre, « à condition d’enlever les fleurs fanées ».

Une sympathique tradition anglo-saxonne

La grande famille de l’Herbe folle est invitée, ce samedi, au baptême de la jeune pousse dont Jérôme Rateau apportera une quinzaine de plants. Le parrain sera Pierre Pfeiffer, ancien directeur de recherche émérite au CNRS qui a œuvré à l’Institut de biologie moléculaire et cellulaire de Strasbourg. La marraine sera Martine Hetzel, la présidente de l’Herbe folle. « Pour nous, c’est vraiment émouvant de recevoir ce cadeau : c’est à la fois le témoignage d’une belle amitié, mais aussi la reconnaissance de tout ce que notre association fait vivre à un public toujours plus nombreux et enthousiaste », souligne-t-elle.

S’inspirant d’une « sympathique tradition anglo-saxonne », ces amateurs avaient été les premiers, au milieu des années 90, à ouvrir leurs barrières. « Ça n’était pas à la mode mais, à notre grande surprise, les gens sont venus avec reconnaissance. »

Les promeneurs sont à nouveau les bienvenus ce dimanche 12 juin à l’occasion des 20ème Rencontres autour des roses anciennes, organisées dans huit jardins de Griesbach, Mertzwiller, Bitschhoffen et Forstheim.

L’occasion de se laisser gagner par « la contagion parfumée et délicate » des roses d’autrefois.

http://herbefolle.asso-web.com/

 

DNA-Geneviève Lecointre 11/06/2016

Le nom de la rose

Publié dans Jardin

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